L'abandon d'animaux domestiques, un fléau d'été

Quelque 100.000 animaux domestiques sont abandonnés chaque année en France. [© JOEL SAGET / AFP]

Chaque été, c'est le même constat sur le bord des routes de l'Hexagone : entre 40.000 et 60.000 animaux de compagnie sont abandonnés par leur famille au moment des grandes vacances, selon les calculs respectifs de la SPA et de la Fondation 30 Millions d'Amis. Ce qui fait de la France la «championne» d'Europe en la matière.

Si certains maîtres les laissent dans des refuges ou des associations, d'autres, moins téméraires, les abandonnent à leur sort en les accrochant à un arbre. «C'est souvent dans l'urgence, dans les derniers jours avant de partir», constate dans les colonnes de L'Echo républicain la présidente du refuge SPA d'Amilly (Loiret), Michelle Métayer, précisant qu'en 2018, elle avait recueilli 29 chiens abandonnés, soit «presque un tous les deux jours». «L'abandon est déjà punissable en France, mais la justice ne suit pas, les gens s'en tirent avec un simple rappel à la loi, ce qui n'est pas dissuasif», déplore de son côté Carole Largier, bénévole de la SPA de Haute-Loire.

Un fléau tel que même les élus s'en mêlent. Pas moins de 240 parlementaires de tous bord ont ainsi annoncé dans le JDD qu'ils déposeront prochainement une proposition de loi pour «en finir» avec les «abandons massifs» d'animaux domestiques. «Comment accepter que 100.000 chiens et chats soient abandonnés chaque année dans notre pays ? Un triste record européen !», s'indignent ces élus, emmenés par le député LREM Loïc Dombreval et le sénateur LR Arnaud Bazin, dans une tribune intitulée «Un être sensible ne se jette pas».

L'éducation plus efficace que la loi

Selon eux, «la principale mesure de prévention de l'abandon est l'identification des chiens et des chats, qui a été rendue obligatoire respectivement en 1999 et en 2012, mais son efficacité n'est que relative», faute de sanction et de contrôle. Pour rappel, l'abandon d'un animal est considéré comme un acte de cruauté, puni par la loi de deux ans de prison et 30.000 euros d'amende. Mais ce durcissement pénal, voté en 1999, «n'a pas eu l'effet escompté», regrettent les élus, évoquant d'autres solutions comme la stérilisation obligatoire des chats ou, plus globalement, «la moralisation du commerce des animaux».

«Une chose est sûre, c'est qu'on ne résoudra pas la cause animale par des lois – même s'il en faut – mais par l'éducation», insiste le président du refuge de Gerzat (Puy-de-Dôme), Michel-Antoine Sibiaud, auprès de France 3. Une éducation qui passe par le respect de quelques fondamentaux : faire identifier son animal, s'y prendre à l'avance pour le faire garder par un service spécialisé et, surtout, réfléchir avant de prendre un chien, surtout s'il est ou deviendra gros. Mais également faire appel à Solidarité-Refuges, une plateforme de mise en relation entre refuges et bénévoles, mise en place le 29 juin dernier, lors de la première journée mondiale contre l'abandon des animaux de compagnie.

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