Féminicides : 121 femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon en 2018

Au cours de l'année 2018, 121 femmes sont mortes en France tuées par leur conjoint ou ex-compagnon selon des chiffres officiels publiés ce mercredi 10 juillet. C'est une tous les trois jours.

Communiqués par la Délégation aux victimes (DAV), structure commune à la police et à la gendarmerie nationales, à l'occasion de la présentation de l'édition 2018 de son rapport «Morts violentes au sein du couple», ce chiffre est en légère baisse par rapport aux 130 féminicides recensés en 2017. 

De cette étude, il ressort également qu'en 2018, 28 hommes sont morts, victimes de leur compagne, compagnon ou ex-compagne, contre 21 en 2017.

Parmi les 28 hommes tués, 15 «avaient commis des violences antérieures» sur leur partenaire, souligne le rapport.

Au total, ce sont ainsi 149 personnes - hommes ou femmes - qui sont décédées de mort violente au sein de leur couple, contre 151 l'année précédente.

231 morts violentes en comptant les victimes «collatérales» et les suicides 

Mais à ces victimes «directes» s'ajoutent d'autres victimes «collatérales», enfants en tête.

Pour la seule année 2018, 21 enfants sont ainsi morts, soit en même temps que l'autre parent, soit dans le cadre de violences conjugales mais sans que l'autre parent ne soit tué.

En dehors des enfants, dix autres victimes collatérales complètent ce sombre tableau, comme un rival par exemple (5) portant à 180 le nombre total de victimes d'homicides.

Enfin, 43 auteurs d'homicides ou d'infanticides commis dans le cadre de violences au sein du couple se sont suicidés après leur acte, ce qui fait que le total des morts violentes en 2018 s'établit à 231.

La dispute reste la principale cause du passage à l'acte

Pour les hommes comme pour les femmes, la dispute reste la principale cause du passage à l'acte, suivi, pour les hommes d'une non acceptation de la séparation.

Par ailleurs, concernant cette fois l'âge, les auteurs, comme les vitimes, sont le plus souvent âgés entre 40 et 49 ans (20,1 % et 22,8 % des cas respectivement).

A noter que l'on observe aussi une part croissante de cas chez les personnes âgées puisqu'en 2018, 31 auteurs et 32 victimes étaient âgés de plus de 70 ans.

Un «Grenelle des violences conjugales» à la rentrée

Alors qu'un collectif féministe a déjà recensé 76 féminicides depuis le 1er janvier dernier - accréditant l'hypothèse d'une tendance repartant nettement à la hausse ces derniers mois - le gouvernement a annoncé, dimanche 7 juillet, la tenue d'un «Grenelle des violences conjugales», le 3 septembre prochain à Matignon, pour tenter d'enrayer ce fléau.

Marlène Schiappa, ministre en charge de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, a promis des mesures «concrètes», alors que les associations restent réservées devant ces violences pourtant désignées en 2018 «Grande cause nationale».

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