Doubs : il agresse sa femme, menace son fils de 6 ans et fait «l’éloge» de Jonathann Daval

L'homme sera déféré vendredi et le parquet va demander son placement en détention provisoire. [Christophe SIMON / AFP]

Un homme a agressé sa femme qui souhaitait le quitter, mercredi 10 juillet tout en faisant «l'éloge» de Jonathann Daval qui a eu le «courage» de tuer sa femme, a rapporté ce vendredi, le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux.

Le quadragénaire a aussi menacé son fils avec des couteaux. Le chargé d'affaires de Besançon sans antécédents judiciaires se montrait depuis un certain temps violent et menaçant envers son épouse, cadre bancaire, raison pour laquelle elle avait décidé de le quitter. 

Mercredi soir, l'homme a tenté de «l'étrangler» avant de menacer avec deux couteaux leur fils de six ans. Selon le magistrat, il aurait crié «je vais le tuer, je vais le tuer !». 

Lorsqu'ils sont arrivés sur place, les policiers ont entamé des négociations. C'est à ce moment-là, que l'homme, «en état de surexcitation» , aurait dit : «au moins Jonathann Daval, il a eu le courage de tuer sa femme castratrice, ma femme (...) est castratrice», a précisé le procureur. 

Poursuivi pour meurtre sur conjoint, Jonathann Daval a reconnu avoir tué son épouse Alexia en octobre 2017 à Gray-la-Ville (Haute-Saône) lors d'une violente dispute conjugale, avant d'incendier partiellement son corps.

«PARTICULIÈREMENT CHOQUANT»

Le quadragénaire bisontin a pu finalement être maîtrisé, sans que l'enfant ne soit blessé physiquement. L'homme sera déféré vendredi et le parquet va demander son placement en détention provisoire, selon M. Manteaux.

Que Jonathann Daval «puisse être brandi comme l'icône de ce qu'il faut faire quand on est un mari qui constate que son épouse veut (le) quitter (...), je trouve ça particulièrement choquant», a affirmé le procureur.

SIX AFFAIRES DE VIOLENCES CONJUGALES EN QUATRE JOURS

En l'espace de quatre jours, une série de six affaires de violences conjugales ont été constatées dans le Doubs, dans «tous les milieux socio-professionnels», s'est alarmé Etienne Manteaux. 

Elles ont déjà débouché sur deux placements en détention provisoire, deux placements sous contrôle judiciaire et une condamnation à 6 mois de prison avec sursis mise à l'épreuve lors d'une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC, «plaider-coupable»), a détaillé le magistrat.

En 2018, 121 femmes ont été tuées par leur compagnon ou ex-conjoint, selon la délégation aux victimes auprès du ministère de l'Intérieur. Le gouvernement lancera en septembre à Matignon un «Grenelle des violences conjugales» afin d'enrayer le phénomène des féminicides.

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