Disparition de Steve : le commissaire responsable de la charge de la police décoré

Steve Maia Caniço est introuvable depuis le 21 juin dernier. [LOIC VENANCE / AFP].

Près d'un mois après la disparition de Steve Maia Caniço, jeune homme de 24 ans qui n'a plus donné signe de vie depuis une charge des policiers au bord de la Loire, à Nantes, la nuit de la Fête de la musique, Mediapart révèle que le commissaire qui a dirigé l'intervention controversée avait été décoré par le ministre de l'Intérieur quelques jours auparavant.

Le 16 juin dernier, le commissaire Grégoire Chassaing s’est en effet vu remettre, comme d'autres policiers et gendarmes, la médaille de la sécurité intérieure, destinée à «récompenser les services particulièrement honorables notamment un engagement exceptionnel».

Le concernant, ce sont ses actions en faveur du maintien de l’ordre lors des manifestations des gilets jaunes qui ont été saluées par Christophe Castaner.

«Où est Steve ?»

Mais cette décoration tombe mal pour la police nantaise et le pouvoir politique, car elles ravivent un peu plus les tensions auprès de tous ceux qui ne cessent de demander «où est Steve», introuvable depuis le 21 juin dernier.

Cette nuit-là, vers 4h30 du matin, des échauffourées avaient éclaté entre participants à une soirée techno et policiers, venus exiger l'arrêt de la musique.

De nombreux fêtards avaient affirmé avoir été aveuglés par un nuage de gaz lacrymogène et, pris de panique, certains ont chuté dans le fleuve. Quatorze personnes avaient ainsi été repêchées dans la Loire par les secours.

La place beauvau réagit

Selon Ouest-France, avant même cette intervention, le commissaire Grégoire Chassaing était déjà contesté au sein même de l'institution policière, le syndicat SGP-FO Police pointant «la vision exclusivement musclée de la sécurité» de cet officier.

Dans ce contexte, le ministère de l’Intérieur n’a pas tardé à réagir par voie de communiqué ce jeudi 18 juillet. (disponible ici).

Si la place Beauvau confirme que «l’arrêté portant attribution de la médaille de la sécurité intérieure a été signé le 16 juin dernier», soit cinq jours avant l’intervention policière controversée, elle souligne dans le même temps que «le retrait de la médaille peut-être prononcé en cas de condamnation définitive».

Alors qu'une information judiciaire en recherche des causes de la disparition a été ouverte par le procureur de la République de Nantes - qui a également saisi l’IGPN - le ministère de l'Intérieur précise, sans toutefois nommer le commissaire nantais, que «les dispositions du code de la sécurité publique prévoient que le retrait de la médaille de la sécurité intérieure peut être prononcé en cas de condamnation définitive pour un crime ou un délit, ou de sanction disciplinaire du récipiendaire».  

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