Qui sont les candidats à la mairie de Paris ?

L'hôtel de ville de Paris suscite de très nombreux intérêts. L'hôtel de ville de Paris suscite de très nombreux intérêts. [© JOEL SAGET / AFP]

A quelques mois des élections municipales 2020 (15 et 22 mars), les différentes formations politiques commencent à se mettre en ordre de marche pour prendre la mairie de Paris. Le point sur la longue liste des candidats.

Le parti Socialiste

Officiellement, Anne Hidalgo n'est pas encore candidate à sa réélection, et son équipe assure qu'elle va «travailler jusqu'au bout» de son mandat. Mais en coulisse, la maire sortante a déjà commencé à s'activer. Courant janvier, elle a en effet mis en branle son mouvement «Dès demain Paris en commun», en vue de rassembler ses soutiens et de faire émerger un projet pour 2020.

La République en Marche

Benjamin Griveaux a officiellement été désigné candidat par la Commission nationale d'investiture de LREM le mercredi 10 juillet. Une sentence qui a n'a pas fait que des heureux, car s'il a longtemps fait figure de favori, l'ancien porte-parole du gouvernement a été rejoint dans la dernière ligne droite par Cédric Villani.

Ce dernier n'a d'ailleurs pas fait acte de ralliement, et a même repoussé sa décision à la rentrée de septembre. Idem pour le troisième concurrent, Hugues Renson, qui garde le silence.

De plus, alors que Benjamin Griveaux a déjà fort à faire pour rassembler son camp, la divulgation de ses propos insultants envers ses rivaux devrait encore compliquer sa tâche.

Les Républicains

A droite, la situation est complètement chaotique. Après avoir renoncé aux Européennes Rachida Dati, la maire du 7e arrondissement, avait eu une grosse côte pendant plusieurs mois. Mais décrite comme «pas assez rassembleuse», l'ancienne ministre de la Justice – qui était soutenue par Laurent Wauquiez avant sa démission – est loin de faire l'unanimité et ne parvient toujours pas à unir son camp. Rachida Dati maintient toutefois qu'elle sera candidate «quoiqu'il arrive» et assure que Nicolas Sarkozy lui affichera son soutien «en temps voulu».

En face, un voisin de quartier et un allié de longue date est également envisagé pour représenter la droite parisienne : Jean-Pierre Lecoq. S'il n'est pas un ténor de la politique, celui qui s'est déclaré candidat en février est tout de même maire du 6e depuis vingt-cinq ans.

Dernière arrivée en date : Marie-Claire Carrère-Gée, élue du 14e et ex-secrétaire générale adjointe de l'Élysée. Consciente d'être moins populaire que les autres candidats, celle qui est conseillère de Paris depuis 2008 souhaite mettre en avant son expérience politique, notamment celle acquise lorsqu’elle était secrétaire générale adjointe à l'Élysée lors du second mandat de Jacques Chirac.

Pour ne rien arranger, Florence Berthout, la maire du 5e, qui était présidente du groupe Les Républicains au conseil de Paris depuis deux ans, a quitté le parti LR dans le courant du mois de juin. Alors qu'elle a longtemps joué le rôle de rassembleuse, elle a souhaité dénoncer le «rétrécissement idéologique» de son ancienne formation. En même temps que d'autres élus de droite, elle a rejoint le groupe «100% Paris» de Pierre-Yves Bournazel.

Reste l'hypothèse Edouard Philippe, qui revient régulièrement agiter le microcosme parisien. Le Premier ministre n'a en effet pas pris sa carte d'adhérent au parti LREM, et jouit d'une grande aura qui pourrait lui offrir une victoire face à Anne Hidalgo.

Les Ecologistes

Président du groupe écologiste au conseil de Paris, David Belliard s'est appuyé sur son «profil parisien» pour remporter le vote des militants de la capitale, au début du mois de juin, face à Julien Bayou, le porte-parole d'EELV. David Belliard, qui bataille «pour un Paris plus vert, plus respirable, moins cher, plus accueillant», va tenter de surfer sur les bons scores des Verts aux élections Européennes.

Alors qu'il fait partie de la majorité large d'Anne Hidalgo, l'écologiste entend faire cavalier seul aux municipales et sortir en tête au premier tour, afin d'être en position de force pour négocier avec la maire sortante.

Les Communistes

Président du groupe PCF au conseil de Paris et désigné par les militants en décembre dernier, Nicolas Bonnet faisait jusqu'alors office de chef de file des communistes.

Mais ce sera finalement Ian Brossat, médiatique adjoint au Logement à la mairie de Paris et candidat aux Européénnes, qui mènera la campagne pour le PC. La décision sur un éventuel ralliement à Anne Hidalgo dès le premier tour devrait être prise «à l'automne».

La France Insoumise

Seule opposante à la gauche d'Anne Hidalgo sur les bancs du conseil de Paris, Danielle Simonnet avait déjà participé aux municipales de 2014. Celle qui est désormais coordinatrice du Parti de gauche (parti affilié à LFI) et l'une des oratrices des Insoumis avait avait alors obtenue 4,94 % des voix.

Le Rassemblement National

Wallerand de Saint-Just, trésorier du parti lepéniste et déjà élu au conseil régional d'Ile-de-France, a renoncé à mener la liste RN dans la capitale. Déjà présent en 2014, il avait enregistré 6,26 % des suffrages. Le parti RN va en effet rejoindre la liste «Aimer Paris» du magistrat libéral Serge Federbusch en vue des élections municipales de Paris

«Il y a vingt élections différentes à Paris. Dans certains arrondissements, il y aura des candidats qui seront du RN et d'autres qui n'en seront pas», a-t-il précisé à Franceinfo, assurant que Serge Federbuch était un «patriote parisien» qui connaît «parfaitement toutes les arcanes de la politique parisienne». Une information confirmée par Aurélien Legrand, le vice-président du groupe au conseil de Paris.

les Autres candidats

Gaspard Gantzer, l'ex-communicant de François Hollande, multiplie les propositions, notamment sur le périphérique, afin de faire parler. Mais celui qui faisait partie de la même promotion qu'Emmanuel Macron admet aussi beaucoup discuter avec les candidats LREM.

Sur sa droite, Pierre-Yves Bournazel, député Agir et qui a quitté le groupe LR au conseil de Paris pour créer sa propre formation, cherche à rassembler largement. S'il a commencé à détailler son programme, notamment sur sa volonté d'apaiser l'espace public de la capitale, lui aussi est fortement Macron-compatible.

Enfin, le «roi des forains» Marcel Campion a inauguré sa permanence en grand pompe rue Lafayette (10e) le 8 mars, en profitant pour présenter ses têtes de listes pour chaque arrondissement. Ce candidat singulier devrait faire office de poil à gratter pour Anne Hidalgo, avec qui il est en conflit ouvert depuis de longs mois.

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