Le lieutenant-colonel Dreyfus pourrait être nommé général à titre posthume

Le lieutenant-colonel Alfred Dreyfus (1859-1935) est un officier français d'origine alsacienne et de confession juive victime, en 1894, d'une grave erreur judiciaire. [AFP].

D'après une information du journal «l’Opinion», le célèbre lieutenant-colonel Alfred Dreyfus, accusé à tort de trahison au profit de l’Allemagne à la fin du XIXe siècle avant d’être innocenté, pourrait être nommé général à titre posthume.

C’est un discours, prononcé dimanche 21 juillet par la ministre des Armées, qui a ouvert la porte à cette éventualité, affirme Jean-Dominique Merchet, correspondant diplomatique et défense du journal, et auteur du blog de référence «Secret Défense».

Il rapporte que Florence Parly, s’exprimant lors de la commémoration de la rafle du Vél’d’Hiv, a ainsi évoqué le cas d'Alfred Dreyfus injustement accusé et envoyé au bagne.

«IL EST ENCORE TEMPS QUE LES ARMÉES REDONNENT À ALFRED DREYFUS TOUT SON HONNEUR»

«120 ans plus tard, il est encore temps que les armées redonnent à Alfred Dreyfus tout l’honneur et toutes les années qu’on lui a ôtés. Et j’y veillerai personnellement. Il y a les cicatrices que l’on peut apaiser… »

Selon «l'Opinion», c'est précisément cette phrase qui ouvre la voie à une nomination posthume à cette affaire, vieille depuis plus d'un siècle, et qui sur fond d'antisémitisme, a profondément divisé la société française de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle.

De confession juive, Alfred Dreyfus a été indûment accusé en 1894 d’avoir livré des documents confidentiels aux Allemands. Ce qui lui vaudra d'être injustement condamné à la perpétuité et déporté sur le terrible bagne de l’île du Diable en Guyane.

Une carrière injustement stoppée

Innocenté en 1906, l'officier parviendra toutefois à réintégrer l’armée. Mais, ses années de prison, qui ont mis un coup d’arrêt à sa carrière militaire, ne sont pas prises en compte. Dans ce contexte, il ne peut donc plus prétendre au grade d’officier général.

Nommer aujourd'hui Albert Dreyfus à ce grade viendrait donc mettre «un point final à l’affaire» estime «l’Opinion» qui précise toutefois que «l’exécutif souhaite qu’une telle mesure ne soit pas imposée d’en haut aux armées, mais qu’elle se fasse de manière consensuelle (même si) une partie de la haute hiérarchie militaire semble acquise à l’idée.»

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