8 des 10 villes les plus vidéosurveillées au monde sont en Chine

Des caméras de surveillance à Akto, dans la région de Xinjiang, le 4 juin 2019. [© GREG BAKER / AFP]

«Big Brother is watching you», et surtout en Chine. Géant démographique, le pays domine aujourd'hui largement le top 10 des villes les plus surveillées au monde.

Chongqing, située dans le sud-ouest du pays, détient le record du nombre de caméras de surveillance par citoyen, avec 2,6 millions de machines installées pour plus de 30 millions d'habitants, soit environ 168 pour 1.000 âmes. Sur ses talons, la ville de Shenzhen, dans la province du Guangdong, avec quelque 1,9 millions de caméras (159 pour 1.000). Sur la troisième marche du podium se trouve Shanghai, qui, avec près de trois millions d'objectifs braqués sur ses citoyens, compte le plus de caméras au monde, rapporte le quotidien South China Morning Post.

Ce classement, établi par Comparitech, site spécialisé dans les services de technologie, révèle bien le zèle de la Chine en matière de surveillance et de contrôle de la population. Et cela ne serait qu'un début : selon le rapport, la ville de Shenzhen prévoit d'installer 16 millions de caméras supplémentaires dans les prochaines années, ce qui équivaudrait à une hausse de 1.145% du nombre actuel d'unités. A l'échelle de la Chine, une telle augmentation représenterait «un total de 2,29 milliards de caméras, soit un peu moins de deux caméras par tête»...

aucun lien entre surveillance et sécurité

Interrogé par le quotidien chinois, le rédacteur en chef de Comparitech, Paul Bischoff, estime sans concession que «la Chine restreint de manière agressive la liberté de circulation des personnes à l'intérieur du pays», soulignant que «les caméras de surveillance et la reconnaissance faciale ont un rôle important à jouer à cet égard». Tout comme le système du «crédit social» à l'œuvre depuis 2014, qui attribue une «note» aux citoyens en fonction de leurs bonnes ou mauvaises actions, fondées sur les données (bancaires, sociales...) dont dispose le gouvernement, et qui a de multiples répercussions sur les libertés fondamentales.

Ce degré accru de contrôle et de pistage dans le pays – dont le gouvernement a fait une priorité politique – est d'autant plus discutable que la surveillance permanente n'est pas synonyme de baisse de la criminalité, rappelle le South China Morning Post. La comparaison entre le nombre de caméras et les chiffres de la sécurité/criminalité ne montre en effet aucune corrélation entre les deux. Les infractions au code de la route étant filmées, seul un effet positif sur le comportement des automobilistes a été observé, selon le quotidien.

Dans ce palmarès orwellien, finalement, seules deux villes ne sont pas chinoises : Londres, en sixième position mondiale, et Atlanta (Etats-Unis), à la dixième place. Avant d'être bientôt dépassées par des hameaux de l'Empire du Milieu ?

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