Affaire du chirurgien pédophile de Jonzac : ce que l'on sait

Le plus grand scandale pédophile en France ? Un chirurgien qui pratiquait à l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) est renvoyé aux assises pour des actes pédophiles qui pourraient concerner près de 200 victimes.

Une fillette de six ans à l’origine de l’affaire

L’instruction visant Joël Le Scouarnec a débuté en 2017 grâce à la parole d’une jeune fille de six ans, rapporte La Charente Libre, qui révèle l'affaire. Alors qu'elle rentrait d’une promenade avec son père où ils venaient de croiser le chirurgien, qui était leur voisin, l’enfant a confié à son père que l’homme lui avait montré son sexe. Des examens gynécologiques et les questions des enquêteurs ont ensuite permis de penser qu’un viol aurait aussi été commis sur la fillette.

200 noms de victimes dans des carnets intimes glaçants

Suite au témoignage de la fillette, les gendarmes ont mené une perquisition au logement du chirurgien. Là, ils ont mis la main sur des carnets, comme des journaux intimes du docteur, où celui-ci notait en détail les abus sexuels commis sur des enfants. Les premières lignes remontent aux années 90. Au total, près de 200 noms de victimes potentielles ont été relevés par les enquêteurs, qui cherchent désormais à remonter chaque piste pour mettre à jour ce qui pourrait devenir la plus grosse affaire de pédophilie en France.

Un mode opératoire sordide

Spécialisé dans la chirurgie digestive (il a officié en Bretagne, en Touraine, et donc à Jonzac), Joël Le Scouarnec aurait agressé ses victimes mineures (garçons et filles) durant leur passage à l’hôpital. Une source citée par La Charente Libre indique qu’il agissait parfois «en phase de réveil». «C’était un vivier facile pour lui», poursuit la source.

Une personnalité effrayante

Décrit par le père de la petite fille qui a lancé l’alerte comme «quelqu’un d’assez snob», qui «ne parlait presque à personne», le chirurgien dissimulait chez lui une panoplie de prédateur. Lors de la perquisition des gendarmes, des poupées ont été retrouvées cachées sous son parquet, mais aussi des perruques, des objets sexuels ou des photos de lui, nu. Sur son ordinateur, des images à caractère pornographique ont été saisies.

En détention depuis mai 2017

Arrêté après les révélations de sa jeune voisine et les découvertes faites chez lui, Joël Le Scouarnec est incarcéré à la maison d’arrêt de Saintes depuis mai 2017. Il a été renvoyé devant la cour d’assises de la ville en mars dernier pour deux faits de viols (commis sur la petite fille et une autre de sa famille) et pour trois atteintes sexuelles. Dans l’attente que les enquêteurs collectent plus de témoignages de victimes, un premier procès pourrait se tenir l’an prochain.

La défense du chirurgien

Contacté par Libération, l’avocat du chirurgien reconnaît bien l’existence des carnets. «Des centaines, voire des milliers de pages ont effectivement été retrouvées. Mon client ne conteste pas les avoir rédigées mais selon lui ces descriptions seraient de l’ordre du fantasme», indique maître Thibaut Kurzawa. Selon lui, il est impossible de savoir à ce jour si ce qu’il y est écrit s’est réellement passé. Rejetant par ailleurs les deux accusations de viols dont il est pour le moment accusé, le chirurgien n’a en revanche pas contesté les atteintes sexuelles, «sans pénétration», précise l’avocat.

Déjà condamné à du sursis en 2005

La Charente Libre a révélé que Joël Le Scouarnec n’était pas un inconnu pour la justice. En 2005, alors qu’il était établi en Bretagne, le tribunal correctionnel de Vannes l’avait condamné à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images caractère pédopornographique. Sans obligation de soins.

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