G7 : Une interpellation policière musclée à Biarritz fait polémique

C'est sous très haute sécurité policière que va se dérouler le G7, cette année, à Biarritz. [© ludovic MARIN / AFP]

A Biarritz, les forces de l'ordre sont plus que jamais sur les nerfs alors que doit s'ouvrir samedi un sommet du G7 sous haute sécurité, les «anti» étant bien décidés à faire entendre leurs revendications lors de ce rendez-vous sur les grands enjeux du monde. La preuve des tensions avec cette vidéo d'une interpellation policière qui fait polémique.

La scène intervient dans le cadre d'un reportage de France Info suivant le quotidien de Romain et Sabine, deux agents venus de Bretagne et mobilisés spécialement pour l'événement, tout comme 13.200 gendarmes et policiers issus des quatre coins de l'Hexagone. Au commissariat de la cité balnéaire, un appel de riverains alerte sur la présence a priori suspecte d'une camionnette portant des «inscriptions anti-G7 apparemment en référence à des camps de concentration, mais pour l'instant on n'en sait pas plus», explique Romain. Après vérification dans les fichiers de la police, il s'avère que le conducteur du véhicule est «en défaut de permis» et n'a donc «pas le droit de conduire».

Le fourgon passant alors devant le commissariat, les policiers décident de l'arrêter. C'est là que survient la séquence controversée, repérée par un internaute et relayée par le journaliste David Dufresne, spécialiste des violences policières. Elle montre un des agents dégainer son arme, braquer le conducteur du véhicule et exiger de lui qu'il mette «les mains sur le volant». Et ce, quand bien même il ne semble pas y avoir de danger. L'homme s'exécutant, le policier finit par ranger son arme. Tandis que l'homme est fouillé au corps puis menotté, on peut lire les affiches collées sur sa camionnette : «L'Etat français nous a mis dans des camps de concentration 'Bias'» et «Où sont la grandeur et l'honneur de la France, monsieur Macron ?»

«On a fait ce qu'on avait à faire»

Interpellés, le conducteur et son passager, qui se disent «non-violents», sont amenés au commissariat. Si les forces de l'ordre jugent les affiches «choquantes» («ce n'est pas le moment d'utiliser des termes aussi forts», selon Romain), celui qui se présente comme le président d'un comité pour les harkis explique justement profiter du G7 pour se faire entendre : «Si on ne le fait pas aujourd'hui, quand est-ce qu'on va le faire ?»

«Vous êtes peut-être choqué, mais actuellement on prend le maximum de précautions [...] Une fois que j'ai vu que monsieur avait mis ses mains en l'air, j'ai rangé mon arme», se défend le policier pour tenter de justifier son intervention musclée. «On nous demande d'être vigilants. On est là pour la sécurité des personnes et des biens. On a fait ce qu'on avait à faire», renchérit sa collègue.

Les deux personnes interpellées ont finalement été relâchées. Sans poursuite ni garde à vue. De quoi étayer les arguments des internautes qui dénoncent une intervention «totalement disproportionnée», un menottage «illégal» ou encore des méthodes de «cow-boy», mais également la «pression hiérarchique» qui pèse sur des agents «à bout».

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