Pesticides : au milieu de la fronde, le gouvernement lance une consultation

Le débat sur l’utilisation des pesticides dans les cultures et les distances à respecter par rapport aux habitations ne cesse d’enfler depuis le printemps. Si bien que le gouvernement a décidé d’organiser une consultation publique sur le sujet, à partir de ce lundi 9 septembre et pendant trois semaines.

Très médiatisé depuis l’arrêté pris en mai dernier par le maire de Langouët (Ille-et-Vilaine), qui visait à interdire l’utilisation de produits phytopharmaceutiques à une distance inférieure à 150 mètres de toute parcelle comprenant une habitation ou un bâtiment professionnel (suspendu par la justice le 27 août), le sujet a depuis été récupéré par trois ministères : la Transition écologique, la Santé et l’Agriculture.

S’appuyant sur un rapport de l’Anses, en prévision de chartes d’engagements qui seront mises en place à partir du 1er janvier 2020, et après concertation avec les agriculteurs, les élus et les associations, les trois ministres ont détaillé dans un communiqué le nouveau dispositif d’encadrement de l’utilisation des produits phytosanitaires à proximité des habitations.

des distances de 3 à 10 mètres avec les habitations

Un double principe en ressort. D’abord, une distance d'au moins 10 mètres sera à respecter pour l’épandage des substances les plus dangereuses. Puis, pour les autres produits, elle sera également de 10 mètres pour les «cultures hautes» (vignes, arbres), et de 5 mètres pour les «cultures basses» (céréales). Ensuite, ces distances minimales pourront être adaptées, pour être ramenées à 3 mètres pour les cultures basses et la viticulture et à 5 mètres pour les autres, «à condition d’avoir recours à des matériels de pulvérisation les plus performants sur le plan environnemental».

Des distances supérieures devraient aussi être mises en place concernant «les produits classés cancérogène, mutagène ou toxique pour la reproduction», selon les recommandations de l’Anses. Pas de quoi satisfaire un grand nombre de militants. «Cinq ou dix mètres ne représentent absolument pas une distance susceptible de réduire de manière significative l’exposition des riverains aux pesticides», a ainsi commenté l’ONG Générations futures. «Quand j’ai appris ça, je pensais que c’était une "fake news" et que ce n’était pas sérieux», a pour sa part réagi Daniel Cueff, le maire de Langouët qui avait pris l’arrêté en mai dernier.

La consultation publique, qui consiste à informer la population et recueillir ses observations, propositions et contre-propositions, pourraient permettre d’ajuster le texte après les trois semaines. Le texte gouvernemental et les chartes locales entreront en vigueur le 1er janvier 2020.

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