Grève à l'hôpital : vers un numéro de téléphone d'urgence unique ?

Les pompiers plaident notamment pour une fin de tous les numéros d'urgence (dont le leur, le 18) en faveur du seul numéro d'urgence 112. [Miguel MEDINA / AFP].

Dans la panoplie des solutions attendues pour mettre fin à la grève des urgences, la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, pourrait annoncer ce lundi 9 septembre la mise en place d'un numéro de téléphone d'urgence unique commun au SAMU, aux pompiers voire à la police.

L'idée serait concrètement de fusionner le 15 (Samu), le 18 (les pompiers) et le 116-117 (médecin de garde) et éventuellement le 17 au profit d'un seul et unique numéro de téléphone.

Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, ce modèle s'inspire directement du célèbre numéro d'urgence américain 911.

Ainsi, au lieu d'avoir plusieurs numéros d'urgence, sans parfois savoir lequel il convient mieux d'appeler, les personnes nécessitant de l'aide n'auraient qu'un seul numéro à retenir et, suivant leur demande, seraient orientées soit vers les pompiers, les secours ou la police.

Pour la fédération hospitalière de France, l'intérêt de ce dispositif serait de mieux orienter les patients, notamment ceux qui n'ont pas besoin d'aller à l'hôpital.

«Un numéro unique qui régulerait les appels pourrait faciliter l'accès à un cabinet de ville», explique, en ce sens, Frédéric Valletoux, président de la Fédération, cité par franceinfo.

Camions rouges Vs blouses blanches

Mais à y regarder de plus près, la mise en place d'un numéro de téléphone unique pour joindre les secours est un vieux serpent de mer sur lequel s'affrontent depuis des années les pompiers et le Samu.

D'un côté, les «rouges» (les sapeurs-pompiers) plaident pour une fin totale de tous les numéros d'urgence (dont le 17 de la police) en faveur du seul numéro d'urgence : le 112.

Le 112 existe déjà. Il s'agit du numéro de téléphone réservé aux appels d’urgence commun à l'ensemble des pays de l’Union européenne.

Pour les pompiers, sursollicités, l'enjeu serait donc de réduire le flux d'appels auquel ils font face et dont beaucoup de demandes ne font pas partie de leurs missions et permettrait, le cas échéant, d'associer les forces de l'ordre en cas d'intervention en milieu hostile.

Dans le même temps, le 116-117, censé répondre aux ­demandes de soins non programmés après la fermeture des cabinets médicaux et le week-end, serait, lui, bien maintenu.

La demande des soldats du feu divise toutefois le ministère de la Santé, dont dépendent les SAMU départementaux, et le ministère de l'Intérieur, qui gère la sécurité civile et les forces de l’ordre.

De leur côté, les blouses blanches (les urgentistes du Samu) penchent plûtot pour la solution d'un «numéro unique de santé». En clair, un numéro qui centraliserait ceux en lien avec la santé.

L'idée serait donc de sanctuariser le 15, qui centraliserait aussi les appels du 116-117 et de SOS Médecins et le 18 (les pompiers).

Une idée prônée d'ailleurs par le député (LREM) et urgentiste Thomas Mesnier chargé justement d'une mission par Agnès Buzyn, d'établir un rapport national pour améliorer la situation des urgences.

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