«Fasciné par les stars», un banquier escroc jugé à partir de ce lundi

Le procès de Frédéric L. doit durer jusqu'au 25 septembre 2019. [Photo d'illustration / LOIC VENANCE / AFP].

L'histoire de Frédéric L. a tout pour être adaptée au cinéma. Ce banquier de 49 ans, fasciné par les stars, n'a pas hésité à se lancer dans une escroquerie à grande échelle, dans le simple but de plaire à ses illustres clients. Son procès s'ouvre ce lundi 16 septembre, à Paris.

Parmi ses victimes se trouvent l'actrice Mylène Demongeot, le cinéaste Alexandre Arcady ou encore Samy Naceri.

Poursuivi pour «abus de confiance», «faux» et «escroquerie», Frédéric L. est soupçonné d'avoir détourné, jusqu'en 2012, au moins 5 millions d'euros au préjudice de clients tous les plus célèbres les uns que les autres.

Tout démarre quelques années plus tôt lorsque l'employé de banque, pour faire plaisir à un cinéaste qui «avait besoin de trésorerie à court terme», se sert sur le compte de Michel R., un riche expatrié.

Frédéric L. lui prendra alors au total deux millions d'euros, mais Michel R., qui utilise très rarement ses comptes français, ne se rend compte de rien.

Il voulait «faire plaisir»

A partir de là, comme l'explique le Parisien, le banquier se sent pousser des ailes. Concrètement il pense avoir trouvé le système parfait pour satisfaire ses clients qu'il admire de façon pathologique.

«Il voulait avant tout leur rendre un service que les banques ne rendaient pas, souffle un proche du dossier cité par le quotidien, Il avait envie de leur faire plaisir… »

Et c'est ainsi qu'Alexandre Arcady ou l'acteur Olivier Martinez vont bénéficier sans même le savoir, d'argent retiré du compte de Michel R. qui, bien malgré lui, devient la banque privée des artistes, ces derniers parvenant, du jour au lendemain, à obtenir des sommes folles sans signer le moindre reçu.

Comme il fallait s'y attendre, la machine se grippera rapidement. Certains clients ne parviennent en effet pas à rembourser le banquier assez rapidement, contraignant Frédéric L. à piocher dans d'autres comptes de clients.

Dénoncé par sa banque

Pour cela, il multiplie les mensonges et n'hésite pas à imiter parfois leur signature. Beaucoup ont des doutes et demandent des explications, mais Frédéric L. continue ses mensonges.

Pour se refaire, il tente alors le tout pour le tout et propose en 2012 à l'actrice Mylène Demongeot un investissement imaginaire au Brésil.

L'actrice lui confie 1,6 million d'euros qu'elle ne récupèrera jamais en totalité. Aujourd'hui, au moins 200.000 euros manquent à l'appel. Une histoire qu'elle racontera dans un ouvrage, «Très chers escrocs… » paru en 2013.

Alerté par ce virement hors-norme, Tracfin, la cellule anti-blanchiment de Bercy, finit par ouvrir une enquête. C'est ainsi que Frédéric L. sera dénoncé par sa banque et les clients floués découvrent alors l'ampleur des dégâts.

Aussi étrange que cela puisse paraître, il semble bien que le banquier a fait tout cela dans le seul but de plaire à ses clients. Il n'a en effet jamais profité du système pour s'enrichir. Tout juste s'est-il offert une Citroën DS4 avec l'argent de Mylène Demongeot.

Prêter de l'argent à ses stars lui aurait simplement permis d'assouvir une «envie de plaire et d'être aimé», selon la psychiatre qui a analysé le banquier. 

Son procès est prévu pour durer jusqu'au 25 septembre.

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