La reprise d'Aigle Azur dans un ciel plus qu'incertain

Si deux offres de reprises de la compagnie se détachent, sa liquidation judiciaire n'est pas totalement à exclure. [STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Le tribunal de commerce d'Evry (Essonne) se penche à nouveau, ce lundi 16 septembre, sur l'épineux dossier de reprise de la compagnie aérienne Aigle Azur. Samedi, à l’issue d’un comité d’entreprise (CE) extraordinaire, le Syndicat National des Pilotes de Ligne (SNPL) a affirmé qu’un avis consultatif favorable avait été donné à deux offres de reprise.

Placé en redressement judiciaire depuis le 2 septembre dernier en raison d'une situation financière dégradée, le deuxième transporteur aérien français avait reçu au total 14 offres.

Dans ce cadre, d’après le SNPL, le CE a rendu un avis favorable sur deux projets proposants chacun de reprendre la compagnie avec la totalité ou la quasi-totalité du personnel et des avions.

Le premier, concerne celui de Lionel Guérin. L’ancien PDG de Hop! (groupe Air France, ndlr) avait proposé de reprendre 100 % des effectifs et avait été appuyé par le secrétaire d'Etat aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, à chacune de ses prises de parole.

La seconde offre émane quant à elle de Gérard Houa, le dirigeant de la société Lu Azur. L'homme d'affaires, déjà actionnaire d'Aigle Azur à hauteur de 20 % et connu pour avoir tenté un coup de force à la fin du mois d'août pour tenter de prendre le contrôle de la compagnie, avait, lui, annoncé reprendre 90 % de ses activités.

Une liquidation judiciaire pas totalement exclue

Des informations contradictoires émanaient toutefois dimanche de La Tribune, le quotidien économique affirmant de son côté que toutes les offres de reprise auraient finalement été jugées insatisfaisantes.

D’après le journal, qui indique s’être procuré le procès-verbal de la réunion de vendredi, Catherine Poli, l'administratrice judiciaire de la compagnie, devrait ainsi recommander ce lundi, sauf coup de théâtre, de prononcer la liquidation judiciaire pure et simple d'Aigle Azur.

Dans ce contexte, si le tribunal venait effectivement à décider d'une liquidation judiciaire, le SNPL a d'ores et déjà indiqué que l'offre d'EasyJet «a la préférence » par rapport à celle d'Air France.

EasyJet, qui est venue détailler son offre au comité d'entreprise vendredi, a proposé selon le SNPL de « reprendre les créneaux horaires (slots) avec cinq ou six avions et le personnel associé».

Détenteur d’une flotte de onze avions, Aigle Azur emploie quelque 1.150 personnes, dont 800 en France et 350 en Algérie. Le groupe a transporté 1,88 million de passagers en 2018.

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