Edouard Philippe en opération séduction face aux maires

Edouard Philippe doit rencontrer des maires de petites communes et de localités rurales. [LUDOVIC MARIN / AFP].

Du sud au nord, des territoires à écouter. Le Premier ministre Edouard Philippe est attendu ce jeudi à Uzès, dans le Gard, puis vendredi à Eppe-Sauvage, un village du Nord, pour rencontrer plusieurs centaines de maires de petites communes et de localités rurales. Deux déplacements très scrutés, avant les municipales de mars prochain.

Accompagné de Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, Sébastien Lecornu, chargé des Collectivités territoriales, et Olivier Dussopt, secrétaire d’État auprès du ministre des Comptes publics, Edouard Philippe ouvrira d'abord, depuis le Palais des Congrès du Pont du Gard, les XXe Assises des petites villes de France (APVF).

Cette association, qui fête cette année ses trente ans, regroupe les communes comprises entre 2.500 et 25.000 habitants, dans lesquelles vivent près de 4 Français sur 10.

Le lendemain, le chef du gouvernement ouvrira les travaux du congrès de l'Association des maires ruraux de France (AMRF) qui fédère, elle, les communes de moins de 3.500 habitants.

Avant le grand raout de novembre prochain, soit le grand congrès de l'Association des maires de France (l'AMF), ces deux événements ouvrent le bal de rentrée des différentes assises et congrès d'élus locaux, qui regroupent tous les élus, des maires aux responsables régionaux et départementaux. 

Les municipales dans toutes les têtes

Elections municipales oblige, cette traditionnelle série d'automne prend cette année une tournure toute particulière.

Après des débuts compliqués, marqués notamment par la controverse autour des 80 km/h, Emmanuel Macron et son gouvernement ont tenté de renouer des liens avec les élus, notamment les maires, «piliers de la République», du fait de leur implication lors du Grand débat pour sortir de la crise des gilets jaunes.

Pas de quoi pour autant satisfaire les élus qui, à six mois du scrutin de mars prochain, entendent bien peser de tout leur poids pour faire avancer leurs revendications.

Les élus en attente d'annonces «fortes»

Au-delà d'une demande de revalorisation des dotations de l'Etat, l'APVF a ainsi d'ores et déjà fait savoir qu'elle attendait «des annonces fortes du gouvernement» sur d'autres sujets comme la revitalisation des centres-villes, ou le statut de l'élu.

Une demande à laquelle doit justement répondre le projet de loi Engagement et Proximité qui va être examiné en première lecture au Sénat, à partir du 8 octobre prochain.

Porté par Sébastien Lecornu, le texte prévoit en effet une hausse des indemnités des élus, ou encore un meilleur droit à la formation ou des pouvoirs accrus. 

Des maires désabusés et en colère

Après la mort tragique, le 6 août dernier, du maire de Signes (Var) tué pour avoir tenté d'empêcher un dépôt sauvage de gravats sur sa commune, certains élus exigent notamment davantage d’outils juridiques pour répondre aux incivilités et aux agressions et une simplification des procédures de verbalisation afin de consolider les pouvoirs de police municipale.

D'autres sujets, comme le refus par certains édiles d'installer le controversé compteur Linky sur leur commune, et surtout la multiplication des arrêtés municipaux anti-glyphosate, ont dans le même temps alimenté un peu plus la défiance des élus envers un exécutif parisien «trop éloigné des préoccupations du terrain».

A l'heure où le parti présidentiel ne dispose quasiment d'aucune commune agrégée sous la bannière LREM, le pari va donc consister pour Emmanuel Macron à se départir de son image de président des villes, pour endosser, en même temps, celle de président des champs. 

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