Une députée LREM convoquée pour avoir comparé Emmanuel Macron à «un responsable du Front national»

Delphine Bagarry a été convoqué par Stanislas Guerini, délégué général de LREM, qui s'est dit dans un courrier choqué par sa comparaison entre Emmanuel Macron et le FN. Delphine Bagarry a été convoquée par Stanislas Guerini, délégué général de LREM, qui s'est dit dans un courrier choqué par sa comparaison entre Emmanuel Macron et le FN. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Delphine Bagarry, députée LREM des Alpes-de-Haute-Provence, a été convoquée par son parti, après ses propos critiques envers Emmanuel Macron. «J'avais l’impression d’écouter non pas l’homme de la campagne présidentielle mais un responsable du Front national», avait déclaré l'élue après un discours particulièrement ferme du chef de l'Etat sur l'immigration.

«Comment le président peut-il lier le sujet de l’immigration à celui des demandeurs d’asile et du vote FN ? C’est un amalgame !» avait poursuivi la députée, «choquée», issue de l'aile gauche de La République en marche, dans des propos rapportés par Le Figaro.

Selon les informations de Franceinfo, Stanislas Guerini, délégué général de LREM, a écrit à Delphine Bagarry, pour lui dire que sa comparaison avec le FN (devenu RN) l'avait choqué. Dans son courrier, il défend notamment la politique migratoire «humaniste» d'Emmanuel Macron, tout en rappelant que le dialogue est une valeur du parti, ce qui explique la convocation de la députée.

Delphine Bagarry trouve de son côté que «c'est bien» que le numéro un de LREM veuille qu'ils se rencontrent, affirme Franceinfo. Un rendez-vous qui n'aura pas lieu avant la semaine prochaine, l'élue étant actuellement en déplacement à l'étranger.

Une tribune pour éviter l' «hystérisation»

Les propos de Delphine Bagarry étaient en réaction au discours d'Emmanuel Macron sur l'immigration, le 16 septembre dernier, devant les députés de sa majorité et le gouvernement. «Nous n'avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face», avait-il lancé. «Je crois en notre droit d'asile mais il est détourné de sa finalité par des réseaux, des gens qui manipulent. Si nous ne le regardons pas en face, nous le subirons. [...] En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste», avait-il averti.

Des déclarations qui avaient choqué, jusque dans le propre camp du président, et pas que chez Delphine Bagarry. Elle avait fait partie de la quinzaine de députés de l'aile gauche du parti qui avaient signé une tribune le 17 septembre, appelant à «éviter une hystérisation inversement proportionnelle à la réalité migratoire».

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