Paris : la mairie se dresse contre le projet de rénovation de la Gare du Nord

Deux élus de la majorité parisienne réfutent le projet de rénovation de la Gare du Nord. Deux élus de la majorité parisienne réfutent le projet de rénovation de la Gare du Nord. [© Station Nord]

Après une quinzaine d'architectes de renom, c'est au tour de la mairie de Paris de s'opposer au grand plan de rénovation de la Gare du Nord, via une tribune publiée dans Le Monde.

Jean-Louis Missika, adjoint à la mairie de Paris chargé de l'urbanisme et proche d'Anne Hidalgo, ainsi qu'Alexandra Cordebard, la maire du 10e, ont en effet fait savoir qu'ils «ne soutenaient plus» le projet de rénovation de la Gare du Nord, et dénoncent l'extension commerciale du site au détriment des voyageurs.

S'ils jugent «essentielle» la transformation de la gare en vue des Jeux olympiques et paralympiques de 2024, ils attendent des «évolutions significatives» en matière de «protection patrimoniale», «d’intermodalité», tout comme Ile-de-France Mobilités et la RATP réclament, comme le rappellent les élus, «que le stationnement et la circulation des bus soient nettement améliorés».

Or, selon eux, la SNCF et Ceetrus (filiale immobilière d'Auchan chargée du projet) ont juste recourt «à une augmentation considérable» de la taille de la gare, notamment au profit des commerces, et ce, dans l'optique vaine, selon les élus, «d'équilibrer financièrement le projet».

«Moins de bâti et plus de vide»

«Pour améliorer la circulation des voyageurs, nous pensons qu’il faut moins de bâti et plus de vide, de l’espace pour les transports en commun, un parvis entièrement piétonnisé, installer les taxis en sous-sol et une vélo-station à la hauteur du plan vélo de Paris», a ainsi lancé Alexandra Cordebard, qui demande la révision du projet avec l'apport de financements publics uniquement.

Pour elle, la Gare du Nord «doit conserver son caractère d’intérêt général», alors que sa rénovation doit «être tournée vers l’amélioration de l’accueil et du confort des voyageurs et des services rendus aux usagers».

D'importants «risques de contentieux»

Pur une nouvelle «démarche constructive vis-à-vis de ce projet», les élus veulent donc négocier avec la SNCF «une meilleure préservation du patrimoine», «une diminution des surfaces commerciales», «une dédensification», «un accès à la gare par le nord» et «une intermodalité renforcée».

Car aujourd'hui, Alexandra Cordebard juge «difficile, voire impossible» l'achèvement du projet pour les JO, aux vues des possibles «risques de contentieux». En choisissant ce projet plus «respectueux du patrimoine», l'échéance de 2024 aura, selon elle, «plus de chances d'être respectée».

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