Tout savoir sur la «Convention citoyenne sur le climat» lancée ce vendredi

C'était une volonté d'Emmanuel Macron depuis le grand débat national. A partir de ce vendredi 4 octobre, 150 Français vont se rassembler dans une Convention citoyenne afin d’évoquer les mesures à prendre pour lutter contre le réchauffement climatique.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, sera présent pour la première session et s'exprimera devant la convention afin d'en rappeler les enjeux. Durant six week-ends, jusqu'au 26 janvier, ce comité va se réunir afin d'évoquer les solutions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre

Pour garantir l’indépendance du processus, l’organisation a été confiée à un comité de gouvernance qui sera présidé par Thierry Pech, directeur de la fondation Terra Nova. «Nous avons une paix royale, et je ne doute pas que ça va continuer», a-t-il répondu sur une éventuelle influence du gouvernement. Il sera co-président avec Laurence Tubiana, présidente de la Fondation européenne pour le climat et architecte de l’accord de Paris sur le climat.

Ce comité de surveillance est composé de personnalités issues de différents domaines comme les sciences, la sociologie, l'économie ou encore la science politique. L'organisation et l'accueil est assurée par le Conseil économique, social et environnemental.

Pourquoi cette convention sur le climat ?

Suite au grand débat national, Emmanuel Macron avait émis le souhait de poursuivre le dialogue avec les citoyens. La question écologique étant au coeur des préoccupations des Français.

«Il s’agit de problèmes communs qui ne devraient pas être des problèmes partisans, précise Laurence Tubiana. Au-delà de la politique traditionnelle, il y a un moyen de réfléchir ensemble pour construire quelque chose». 

Cette convention a pour but de «définir les mesures structurantes pour parvenir, dans un esprit de justice sociale, à réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici à 2030 par rapport à 1990».

Comment ont été choisis les participants ?

En tout, 150 personnes volontaires ont été tirées au sort parmi un panel de 250.000 numéros de téléphone avec des critères de représentativités sur le modèle des sondages (sexe, âge, catégorie professionnelle, lieu d’habitation…). Ces citoyens sont censés représenter l’ensemble de la population française.

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Les volontaires viennent de toutes les régions de la France, y compris les DOM TOM, avec un pourcentage plus important pour l'Île-de-France (20%). 

A l'image de la population, l'assemblée sera composée de 51% de femmes et 49% d’hommes et de six catégories d'âge : 46% a 50 ans et plus et 28% entre 16 et 34 ans. Tous les niveaux de diplômes sont représentés comme diverses catégories socio-professionnelles. D'ailleurs, deux citoyens étaient encore SDF il y a peu de temps. 

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Pour la coprésidente, cette convention est l'occasion de «faire le pari que les citoyens vont progresser eux-mêmes et donner une base de soutien à une action gouvernementale renforcée». 

Comment cela va se dérouler ?

Pour aider les participants dans leurs réflexions, des experts issus de différents domaines -des scientifiques, des économistes, des chercheurs en sciences sociales ou politiques…- seront disponibles. 

En aucun cas, les présidents ne sont là pour influencer mais plutôt «pour donner des bonnes conditions au débat», assure Laurence Tubiana.  

Les citoyens volontaires seront répartis, par un nouveau tirage au sort, en groupes de travail et par thème : se déplacer, consommer, se nourrir, se loger, produire et travailler.

Les séances plénières seront retransmises sur le site de la convention (www.conventioncitoyennepourleclimat.fr).

A quoi cela va servir ?

«Le gouvernement s’est engagé formellement par écrit à recevoir sans filtre toutes les propositions et à répondre très rapidement aux propositions de décrets, de lois ou éventuellement de referendum», détaille la coprésidente de la convention.

Les propositions seront rendues publiques et le gouvernement y apportera des réponses, publiques également. «Il y aura une réponse claire et ça c’est un facteur d’accélération des choses», s'enthousiasme Laurence Tubiana. 

Un optimisme qui n'est pas partagé par Greenpeace. La convention retarde la mise en place de solutions déjà connues et «sert aujourd'hui à mettre sous le tapis un certain nombre de lois cruciales pour le climat», martèle Clément Sénéchal, porte-parole politique et climatique de l'organisation. 

Pour lui, tout n'est pas perdu si les participants «s'approprient le débat» pour analyser le fond des problèmes. «Il faut que les citoyens aient les capacités de se dire : quel est le rôle des grandes entreprises dans un monde qui se réchauffe à grande vitesse ?», conclut-il. 

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