Aspirine, paracétamol et ibuprofène pourraient bientôt ne plus être vendus en libre-service dans les pharmacies

L'Agence du médicament (ANSM) souhaite que les anti-douleurs contenant du paracétamol, de l'ibuprofène, ainsi que l'aspirine, ne soient plus vendus en libre-service en pharmacie, mais derrière le comptoir. Une façon de limiter les risques liés à un mauvais usage de ces produits vendus sans ordonnance.

L'ANSM voudrait que cette mesure entre en vigueur dès janvier 2020. Elle concernerait 36 spécialités à base de paracétamol (Doliprane, Efferalgan...) et 46 anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), notamment ceux à base d'ibuprofène (comme le Nurofen ou l'Advil) et l'aspirine.

Jusqu'à maintenant, ces médicaments - qui sont les plus utilisés en automédication en France selon l'ANSM - peuvent être vendus en accès direct, c'est-à-dire en se servant soi-même dans les rayons de la pharmacie. C'est toutefois laissé à la discrétion de chaque pharmacien, qui peut choisir de les placer derrière son comptoir.

Pour l'ANSM, placer tous ces anti-douleurs derrière le comptoir des pharmacies permettrait de «renforcer le rôle de conseil (du pharmacien) auprès des patients». «Ce sont des médicaments très utilisés, c'est bien que les patients puissent y avoir accès, mais il faut faire le maximum pour qu'ils soient utilisés correctement», explique le Dr Philippe Vella, directeur des médicaments antalgiques à l'ANSM. Cela ne changerait rien au fait qu'ils soient disponibles sans ordonnance.

Des risques liés au surdosage

L'Agence rappelle en effet qu'un mauvais usage comporte des risques. Pris à des doses trop élevées, le paracétamol peut provoquer de graves lésions du foie, qui peuvent nécessiter une greffe, voire être mortelles. C'est par exemple ce qui aurait causé le décès fin 2017 de Naomi Musenga, moquée au téléphone par une opératrice du Samu de Strasbourg alors qu'elle demandait de l'aide. Selon l'enquête, cette mort était «la conséquence d'une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours».

De leur côté, les AINS «sont notamment susceptibles d'être à l'origine de complications rénales, de complications infectieuses graves et sont toxiques pour le foetus en cas d'exposition à partir du début du 6e mois de grossesse», poursuit l'ANSM.

Une «procédure contradictoire» est en cours auprès des laboratoires concernés, qui doit durer trente jours, afin qu'ils exposent leur position sur cette proposition de l'ANSM. C'est à l'issue de cette procédure que la décision finale sera prise. Les associations de patients et les pharmacies seraient favorables à cette mesure.

Un autre changement concernant le paracétamol interviendra avant. En juillet, le gendarme du médicament a en effet décidé que l'avertissement «surdosage = danger» devra désormais figurer sur les boîtes de cet anti-douleur. «Le déploiement a commencé, les premières boîtes devraient arriver courant octobre/novembre, et cela s'étalera jusqu'en avril/mai», selon le Dr Vella.

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