Ce que l'on sait du meurtre d'Audrey, l'étudiante en médecine tuée chez elle à Saint-Ouen

La jeune femme baignait dans une mare de sang avec le buste adossé à un mur.[©GERARD JULIEN / AFP]

Elle s'appelait Audrey et avait 27 ans. Cette interne en médecine a été retrouvée morte poignardée dans son appartement de Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, lundi 16 septembre. Deux semaines après, son ex-petit ami a été interpellé et incarcéré. Il était resté jusque-là introuvable. Voici ce que l'on sait, à ce stade, de cette affaire.

Tuée de 14 coups de couteau

La jeune femme «présentait des plaies par arme blanche», a précisé une source proche du dossier au Parisien, qui a révélé l’affaire.

Alors que de premières informations avaient indiqué que ce sont des proches de la victime qui, lundi, avaient alerté les secours, n'ayant aucune nouvelle d’Audrey depuis la veille, il a finalement été établi que c'est un énigmatique appel reçu par les pompiers vers 19 h qui a donné l'alerte.

Un correspondant anonyme leur indique «qu'il s'est passé quelque chose de grave». Si ce dernier ne révèle pas son identité, il indique néanmoins une adresse précise et raccroche.

A leur arrivée sur les lieux, les pompiers et la police remarquent que la porte de l'appartement est entre-ouverte. Dans la chambre, ils découvriront Audrey baignant dans une mare de sang avec le buste adossé à un mur. 

L'autopsie pratiquée sur son corps a depuis constaté qu'elle avait reçu «quatorze coups de couteau portés au thorax et à l'abdomen».

Son Ex-petit ami mis en examen

Dès le premier jour, l'enquête s'orientait vers l'ex-petit ami de l'étudiante. Le soir du crime, un témoin avait ainsi indiqué aux enquêteurs avoir entendu un bruit suspect provenant du domicile de la victime, avant d’apercevoir par sa fenêtre un homme s’enfuir dans la rue.

Alors que d'autres témoins avaient décrit «un homme d'origine étrangère  âgé d'une trentaine d'années, d'allure plutôt marginale», les soupçons se sont portés sur un homme de 32 ans, l'ex-petit ami d'Audrey. «Une fois je l'ai vu dans la rue, il chantait tout seul et était dans un sale état, je l'ai reconnu à son vélo», a raconté une voisine.

L'étudiante en médecine s'était séparée de cet homme il y a plusieurs mois, mais semblait être restée quelque peu en contact avec lui.

Deux semaines après les faits, «l'auteur présumé du meurtre de l'interne en médecine vient d'être mis en examen et placé en détention pour homicide involontaire par concubin». Âgé de 32 ans, il a été interpellé mardi à Paris.

Un homme qui, comme l'indique le Parisien n'était pas inconnu des services de police. Il avait en effet déjà été interpellé pour des violences, mais rien n'indique à ce stade, si Audrey en avait déjà été victime.

Une tournure politique

En plein Grenelle des violences conjugales, le meurtre sordide d'Audrey a très vite pris une tournure politique.

Son prénom est venu allonger la longue liste des féminicides dressée par les associations. Elle s'établissait, mercredi 18 septembre, à 106 femmes tuées en France cette année.

Avant elle, le meurtre de Johanna lundi au Havre (Seine-Maritime), avait lui aussi particulièrement choqué l'opinion publique.

Comme Audrey, Johanna était âgée de 27 ans. Elle a également été tuée à l'arme blanche. Sous les yeux de ses trois enfants.

Audrey, une femme appréciée

Interne en deuxième année aux urgences de l'hôpital Jean-Verdier à Bondy, Audrey se destinait à la médecine générale.

Tout le département de médecine Paris-Diderot (XIIIe) a salué ses qualités professionnelles et humaines.

«Elle était très appréciée par ses maîtres de stage», a déclaré à son égard le doyen de UFR (unité de formation et de recherche).

Ses voisins sont quant à eux toujours sous le choc. «Elle avait emménagé il y a quelques mois, a rapporté une voisine, elle était très discrète et très sympa».

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