Tout ce que l'on sait sur l'agression au couteau qui a fait 4 morts à la préfecture de police de Paris

Trois policiers et un agent administratif ont été tués ce jeudi 3 octobre par un fonctionnaire qui les a attaqués au sein même de la préfecture de police de Paris. Vendredi, le parquet national antiterroriste a été saisi de l'enquête.

l'attaque

Avant d'être abattu dans la cour du bâtiment, l'homme a eu le temps de s'en prendre à plusieurs policiers, dont quatre au moins ont été tués à l'arme blanche, selon des sources concordantes. Une autre personne a été évacuée en urgence absolue. Afin de garder les lieux en sécurité, un périmètre autour de la préfecture a été bouclé, alors que les secours sont rapidement arrivés sur place.

«Les faits se sont déroulés aux alentours de 13 heures (...). L'auteur présumé a commencé les faits dans son bureau, avant de se rendre dans d'autres endroits de la préfecture et à l'intérieur de la préfecture», a décrit Loïc Travers, du syndicat Alliance Police nationale.

Selon Le Parisien, l'homme s'en serait d'abord pris à trois policiers dans des bureaux du premier étage, avant d'agresser deux femmes, dont l'une mortellement, à l'aide d'un couteau de cusine en descendant par les escaliers.

l'assaillant

L'assaillant de 45 ans, Mickaël H, travaillait lui-même en tant qu'informaticien au sein de la Direction du renseignement de la préfecture depuis 2003. Il souffrait d'un handicap, selon l'AFP (certains médias avancent qu'il était sourd et muet, une information qui n'a pas encore été confirmée par les autorités). Les enquêteurs ont d'abord exploré la piste d'un conflit personnel. Mais on a appris vendredi que le parquet national antiterroriste avait été saisi de l'enquête. Celle-ci a été reprise sous les qualifications d'«assassinat et tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique en relation avec une entreprise terroriste», ainsi que pour «association de malfaiteurs terroriste criminelle»

Il s'était converti à l'islam il y a 18 mois, a précisé une source proche du dossier. A ce stade, le parquet antiterroriste n'a pas été saisi, selon des sources judiciaires. Il s’agit d’un «fonctionnaire a priori modèle, (qui) n’a jamais présenté de difficultés comportementales», a indiqué Christophe Castaner.

Dès jeudi, une perquisition avait été menée au domicile de l'agresseur, à Gonesse (Val-d'Oise), dans le cadre d'une première enquête ouverte pour « homicides volontaires et tentatives d'homicides volontaires sur personnes dépositaires de l'autorité publique ». Sa femme a été placée en garde à vue jeudi, garde à vue prolongée ce vendredi.

les témoignages

«Ça courait partout, ça pleurait partout », a témoigné un interprète présent à l'intérieur de la préfecture au moment de l'attaque. «J'ai entendu un tir, j'ai compris que c'était à l'intérieur», raconte-t-il à l'AFP. «Quelques instants après, j'ai vu des policières qui pleuraient. Elles étaient en panique».

«J'ai vu un homme avec un couteau à la main. Il courait après un policier. Il a fait les sommations mais il ne s'est pas arrêté et le policier a tiré. Au début j'ai cru à un exercice mais non. On a été confinés dans nos bureaux avant d'être évacués», a décrit une témoin au Parisien.

«Le policier qui faisait une pause de garde a fait trois sommations mais l'assaillant ne s'est pas arrêté. Il a tiré deux coups de feu et j'ai vu l'homme tomber», a détaillé un autre homme, toujours au Parisien.

les réactions

Les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux. Anne Hidalgo, maire de Paris, a ainsi tweeté : «Paris pleure les siens cet après-midi après cette effroyable attaque survenue à la préfecture de police. Le bilan est lourd, plusieurs policiers ont perdu la vie. En mon nom et celui des Parisiens, mes premières pensées vont aux familles des victimes et à leurs proches».

«Un terrible drame est survenu à la Prefecture de Police de Paris. Mon émotion est considérable face au bilan humain, déjà très lourd. J'adresse mes pensées solidaires et attristées aux policiers et au personnel» a écrit le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand sur Twitter.

L'Assemblée nationale a observé un moment de recueillement, debout, à l'ouverture de sa séance de l'après-midi consacrée au projet de loi bioéthique, en hommage aux quatre policiers tués.

l'exécutif sur place

Du côté du gouvernement, Edouard Philippe s'est rendu sur place, avant d'être rejoint par Emmanuel Macron. Le président est venu «témoigner son soutien et sa solidarité à l'ensemble des personnels», indique-t-on. Christophe Castaner a lui repoussé un déplacement en Turquie pour suivre l'évolution de l'enquête.

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