Six salariés sur 10 dérangés par le bruit au travail selon une étude

Pour 54% des sondés, ce bruit entraîne fatigue, lassitude ou irritabilité.[©Eric BARADAT / AFP]

Les Français sont de plus en plus incommodés par les nuisances sonores au bureau. Six salariés sur 10 (59%) déclare être gêné par le bruit au travail, soit sept points de plus qu'en 2017, selon une enquête Ifop réalisée avec l’association JNA (journée Nationale de l’Audition) à l'occasion de la 4e édition de la Semaine de la santé auditive au travail qui se tiendra du 14 au 18 octobre partout en France.

Près de 67% des actifs affirment que les nuisances sonores ressenties au travail - du bruit provenant de l’extérieur, aux matériels utilisés (imprimantes, ordinateurs, ...), en passant par les conversations entre collègues en open space et les conversations téléphoniques - provoquent des conséquences négatives sur leur santé.

Pour 54% des sondés, ce bruit entraîne fatigue, lassitude ou irritabilité, tandis que 46% évoquent du stress, et un sur quatre une souffrance psychologique, révèle cette étude menée en ligne auprès de 1.013 personnes représentatives de la population française occupée de plus de 18 ans les 17 et 18 septembre 2019.

des conséquences personnelles et relationelles

Mais le bruit peut aussi avoir des conséquences physiques importantes. Si 34% déclarent qu'il occasionne une gêne momentanée et 25% des acouphènes, 19% estiment que ces répercussions ne sont pas que passagères puisqu’elles engendrent de la surdité du fait d'une exposition prolongée.

Les bruits provenant de l'extérieur des locaux et les matériels utilisés (imprimantes, machines diverses) sont cités en premier par 20% des répondants devant les conversations téléphoniques (13%) ou entre collègues (13%). Les ouvriers sont plus gênés par les bruits de matériels (33%), les cadres et professions intellectuelles citant davantage les conversations téléphoniques (21%) et entre collègues (20%).

Au-delà des conséquences personnelles, ces nuisances sonores sur le lieu de travail affectent le relationnel et la productivité d’une majorité d’actifs occupés (57%). En effet, 40% d’entre eux affirment que le bruit engendre une perte de productivité dont 51% des cadres et professions intellectuelles supérieures concernés.

Concernant les échanges et interactions humaines, 36% des actifs estiment que les bruitssont à l’origine d’incompréhension avec leurs encadrants dont une majorité de 18-24 ans (44%). Enfin, 32% des sondés déclarent qu'ils suscitent de l’agressivité dans les échanges et 31% des tensions et conflits au sein de l’équipe de travail.

rendre obligatoire la «chasse au stress acoustique»

Début septembre, le service statistique du ministère du Travail (Dares) avait aussi observé une augmentation de l'exposition aux nuisances sonores, avec un tiers de salariés concernés en 2017. Il notait une nette augmentation dans le tertiaire (un quart des salariés concernés) du fait de la généralisation de l'«open space».

Dans un «manifeste», l'association JNA (journée nationale de l'Audition), qui a pour objectif la prévention et la diffusion d'informations dans le domaine de l'audition, dénonce une sous-estimation du bruit dans la réglementation du travail et une insuffisance du repérage. «Les audiogrammes ne sont pas systématisés» et «tous les actifs exposés au bruit n'en bénéficient pas», souligne-t-elle.

Trop souvent, «les locaux ne sont pas pensés pour les activités qui y sont affectées» et «la réflexion acoustique reste insuffisamment présente dans les cahiers des charges de nouvelles constructions». Elle appelle à «adapter la loi de santé au travail» notamment en abaissant les niveaux réglementaires de bruit et en rendant obligatoire la «chasse au stress acoustique».

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