Agnès Thill, Matthieu Orphelin... Ces députés LREM exclus ou démissionnaires depuis deux ans

Le député démissionnaire de LREM Matthieu Orphelin, sur les bancs de l'Assemblée, le 27 juin 2017. [© JACQUES DEMARTHON / AFP]

Après avoir critiqué les propos du ministre Jean-Michel Blanquer sur le port du voile, le député LREM Aurélien Taché risque l'exclusion de son groupe. Avant lui, plusieurs cadres macronistes ont été écartés par le parti à cause de leur côté «frondeur».

Sébastien Nadot, exclu pour avoir voté contre le budget

Il fut le premier «marcheur» à être remercié. Le député de Haute-Garonne, issu du Mouvement des progressistes (soutien d'Emmanuel Macron à la présidentielle) avait été écarté fin décembre 2018 après avoir voté contre le projet de budget 2019, jugé trop loin des «réalités de terrain». Sous la présidence de Gilles Le Gendre, le bureau du groupe avait pris cette décision à l'unanimité, faisant valoir la règle : «abstention, péché véniel ; vote contre, péché mortel».

Sébastien Nadot avait dénoncé dans la foulée le «dirigisme gouvernemental». Son porte-parole évincé, le MDP, marqué à gauche, rejoindra finalement la liste «Urgence écologie» pour des européennes de mai.

Agnès Thill, exclue pour ses propos anti-PMA pour toutes

La députée Agnès Thill, farouche opposante au projet gouvernemental d'étendre la PMA à toutes les femmes, avait été exclue de LREM en juin dernier, en raison de «propos polémiques» et «pernicieux» sur le sujet. Déjà rappelée à l'ordre en avril, après un tweet visant le coming-out du secrétaire d'Etat Gabriel Attal, elle avait affirmé que la PMA pour toutes «restera dans l'histoire comme [la mesure] qui aura évincé les pères de la naissance et de l'éducation des enfants».

Des propos «préjudiciables à la cohésion du mouvement [et] à son image», d'après LREM. L'élue de l'Oise, 55 ans, n'avait donc pas échappé à la sentence ultime de la commission des conflits du parti présidentiel, que réclamaient plusieurs membres du gouvernement, de la majorité et des associations LGBT. Une procédure «scandaleuse», selon l'intéressée, qui dénonçait un «délit d'opinion».

SÉBASTIEN JASKO, EXCLU POUR «DISSIDENCE»

Fin septembre, LREM a écarté le député suppléant Christian Jasko pour avoir maintenu sa candidature aux futures municipales de Compiègne, dans l'Oise, et ce contre l'avis du parti. Pour cette ville, le parti présidentiel a en effet investi Daniel Leca, responsable local de l'UDI, afin d'honorer l'alliance conclue pour ce scrutin entre les deux partis.

«Il y a une grande déception, a alors déclaré Christian Jasko au micro d'Europe 1. J'aurais tendance à dire qu'il y a deux poids deux mesures. Dans d'autres villes plus importantes que Compiègne, il y a eu des candidatures aussi sans que les personnes ne soient exclues. Je dois correspondre à l'exemple destiné à faire peur.» Pour rappel, en effet, le député Cédric Villani n'a pas été exclu de LREM, alors même qu'il se présente à la mairie de Paris contre Benjamin Griveaux, investi par le parti.

Aurélien Taché, bientôt exclu pour s'être opposé à un ministre ?

Il pourrait être le quatrième à trinquer : le député Aurélien Taché, de l'aile gauche du parti présidentiel, est actuellement dans le viseur de la commission des conflits de LREM, pour avoir critiqué les dires d'un ministre.

Dans un contexte de polémique après qu'un élu RN a pris à partie une mère voilée, le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a jugé que le port du voile «n'était pas souhaitable dans notre société». Des «propos [qui] amènent de la confusion», selon le député, déplorant que l'extrême droite puisse «récupérer les mots» du ministre à des fins politiques.

«Le rapprochement des propos indignes d'un élu RN avec ceux d'un ministre n'est pas conforme au respect de notre collectif», a fait savoir le patron de LREM Stanislas Guerini. Si, comme le rappelle ce dernier, la cellule de médiation n'a «pas vocation à arbitrer une prise de position sur le fond du débat mais sur la forme», elle pourrait néanmoins signer le départ forcé du député à l'âme de frondeur.

Ces autres députés qui ont fait défection

D'autres députés ont quitté d'eux-mêmes le groupe LREM après des désaccords de fond avec la ligne de leur majorité, mais également des polémiques ou des affaires judiciaires. Parmi eux, M'jid El Guerrab, début septembre 2017, après une mise en examen pour «violences volontaires avec arme» contre un élu PS ; Jean-Michel Clément, en avril 2018, après le vote de la loi asile et immigration à laquelle il s'était opposé ; Joachim Son-Forget, en décembre 2018, après un tweet jugé sexiste visant une sénatrice ; ou encore Matthieu Orphelin, en février 2019, déplorant les trop «petits pas» du gouvernement sur le terrain écologique. Pour ne citer que les démissions les plus fracassantes.

À suivre aussi

Ailleurs sur le web

Derniers articles