IDF : les jeunes Franciliens sont plus diplômés mais subissent davantage d'inégalités, selon l'Insee

Photo d'illustration prise en juillet 2012. Photo d'illustration prise en juillet 2012.[© GUILLAUME BAPTISTE / AFP]

Les jeunes Franciliens âgés de 15 à 29 ans, qui représentent 20 % de la population totale de la région, sont souvent plus diplômés et moins souvent chômeurs que dans le reste de la France, mais leurs fragilités sociales sont importantes.

De manière générale, ils poursuivent plus longtemps leurs études, et deviennent «majoritairement actifs» entre 20 et 21 ans selon l'Insee, soit environ un an plus tard qu'en province, alors que la part de jeunes chômeurs est plus faible de 4 points en Ile-de-France que dans le reste de la France.

Malgré cet aspect positif, les jeunes Franciliens connaissent de réelles fragilités sociales, liées à plusieurs facteurs : au coût élevé de la vie en Ile-de-France, notamment en ce qui concerne les loyers ou encore aux disparités géographiques, avec des départements particulièrement touchés par la pauvreté des jeunes.

Des conditions de logement difficiles 

Malgré une insertion plus favorable sur le marché du travail, les jeunes Franciliens sont fortement pénalisés par le niveau des loyers, selon l'Insee, qui remarque que beaucoup d'entre eux sont ainsi contraints «à rester chez leurs parents» ou «à habiter dans un logement trop petit».

Ainsi, 53,6 % des 15-29 ans résident chez leurs parents, près de 5 points de plus qu’en province, et ce même s'ils ont un emploi. Par ailleurs, 28,4 % d'entre eux vivent dans un logement suroccupé, soit 18 points de plus qu’en province.

une autonomie plus tardive

Ils vivent également moins souvent en couple (21 % le sont seulement, soit 5 points de moins qu’en province) et sont également moins souvent parents (9 % contre 13 %). Pour l'Institut national de la statistique, «une situation professionnelle non stabilisée» peut en effet être «un frein pour fonder une famille ou quitter le domicile parental».

C'est la raison pour laquelle les jeunes «prennent leur autonomie résidentielle à un âge généralement plus avancé que les jeunes provinciaux» et sont à ce titre «moins touchés que les autres par la pauvreté».

des disparités géographiques fortes

Selon l'Insee, les jeunes présentant le plus de fragilités sociales sont plus présents dans les départements à fort taux de pauvreté générale, et cela, alors que «les difficultés sociales vont de pair avec avec un environnement défavorisé».

En Seine-Saint-Denis (93) et dans le Val-d’Oise (95), où ces taux sont élevés (respectivement 29 % et 17,1 %), les non-diplômés, les inactifs non scolarisés et les chômeurs sont plus présents que dans les autres départements. La part des jeunes dont les parents ne travaillent pas y est également forte.

En revanche, dans les Hauts-de-Seine (92) et les Yvelines (78), où les taux de pauvreté (respectivement 12,4 % et 9,7 %) sont plus faibles, les jeunes ayant des fragilités sociales sont relativement moins présents.

Seule exception : Paris. Dans la capitale justement, les personnes peu diplômées, les chômeurs et les inactifs non scolarisés sont beaucoup moins nombreux qu'ailleurs, mais le taux de pauvreté y est assez élevé (16,2 %).

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