L'acteur et réalisateur Jean-Michel Martial, pilier de la série «Profilage» et figure des Outre-mer, est mort

L'acteur et metteur en scène est décédé «des suites d'une longue maladie». [VALERY HACHE / AFP]

L'acteur et metteur en scène Jean-Michel Martial, un des piliers de la série de TF1 «Profilage» et figure des Outre-mer, est décédé à l'âge de 67 ans, a annoncé ce vendredi 18 octobre la chaîne.

«C'est avec une grande tristesse que le groupe TF1 a appris le décès de Jean-Michel Martial, un des acteurs phares de Profilage. Le groupe TF1 exprime ses sincères condoléances à sa famille, à l'équipe de Profilage et à tous ceux qui ont collaboré à ses côtés», a fait savoir la chaîne dans un communiqué.

Selon le média public ultramarin La 1ère, l'acteur et metteur en scène est décédé dans la nuit du 17 octobre, «des suites d'une longue maladie».

Né à Madagascar en 1952, Jean-Michel Martial avait démarré une carrière de chirurgien dentaire, à Paris et en Guyane, avant de se lancer dans le théâtre dans les années 1980.

Il avait effectué une longue carrière non seulement sur scène mais également au cinéma et à la télévision, à la fois comme comédien mais aussi metteur en scène et réalisateur, notamment via sa compagnie de théâtre «L'autre souffle» créée en 1997.

De nombreux hommages

Parmi ses rôles les plus connus, il incarnait le commissaire Grégoire Lamarck, un des personnages principaux de la série policière de TF1 «Profilage», depuis sa création il y a dix ans. Il avait aussi brillé dans le rôle de Monsieur Honoré dans la pièce à grand succès «Edmond» d'Alexis Michalik, créée en 2016.

Il avait aussi été remarqué dans «L'homme sur les quais» de Raoul Peck, en 1993, et, pour les plus jeunes, c'est lui qui doublait le chef cuisinier dans la version française de «South Park».

C'était en outre une figure ultramarine très appréciée. Il avait présidé pendant plusieurs années le Conseil représentatif des Français d'Outremer (CREFOM), avant finalement de passer la main il y a quelques mois.

De nombreuses artistes, élus, personnalités et anonymes lui en rendu hommage.

 
 
 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Jean-Michel, Monsieur Honoré, est parti. Hier soir, comme à son habitude, sans une plainte, dans un sourire philosophe, sereinement. Il se battait depuis 3 ans, mais on se disait qu’il parviendrait à tromper la mort éternellement. Il avait mille projets, il avait eu mille vies, sportif, dentiste, gérant de restaurant en Guyane, et surtout acteur, artiste, poète et présence solaire. Première lecture d’Edmond, chez moi, 5 étages à monter, on commence à lire, JM est en retard. Il arrive en cours de pièce, s’excuse, s’assied, nous écoute. Dix minutes, puis il se lève, il est désolé, il doit repartir, il a un autre rendez-vous à l’autre bout de paris. Il est venu pour ne pas lire. Souvent dans la lune, mais la lune des poètes, celle de Cyrano, celle où on aime se réfugier parfois. En répétitions, un amour. Un peu perdu au début pour se souvenir de quel élément de décor déplacer ou quel costume enfiler, mais lorsqu’il entamait son monologue, car c’est le sien désormais, et à jamais, lorsque la voix d’Honoré résonnait, on écoutait, larme à l’œil. Bien avant la première on savait qu’on avait avec nous un être rare, généreux, si doux, au sourire contagieux, à la voix qui fédère, à l’humeur constante. Un amour d’homme, un merveilleux comédien. Alors que le triomphe grandissait, alors que s’annonçait une merveilleuse tournée, il m’avait téléphoné, sérieux, concerné, toujours d’une dignité à faire pâlir les braves: l’ombre de la maladie s’annonçait. Qu’est-ce qu’on fait, tu veux te reposer? Me reposer? Je veux jouer! Alors l’ami Ériq était venu alterner, jouer Honoré du mardi au jeudi, pendant que Jean-Mi allait se faire soigner, puis Jean-Mi reprenait, le vendredi, et jouait tout le week-end, sans cheveux, mais avec le sourire. Il a joué 3 ans, merveilleux Jean-Michel, aimé de tous, grâce à cette alternance impromptue, il a même pu venir le graver sur la pellicule à jamais, cet Honoré... ce sourire, qui fait plisser les yeux, cette humeur égale, cette gentillesse, cette douceur et cette voix, surtout, nous resteront... Une belle vie, en somme. Adieu l’ami, tu nous manques déjà.

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