Mort d'Ibrahima à Villiers-le-Bel : la «police des polices» saisie

La saisie de l'IGPN était «une décision qui s'imposait», selon l'avocat de la famille de la victime. [© PATRICK KOVARIK / AFP]

Près de deux semaines après la mort d'Ibrahima B. dans un accident de moto à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie du dossier.

En cause, selon les informations de France Info, les circonstances jugées floues du contrôle de police qui aurait conduit au drame. Ce dimanche 6 octobre, peu avant 17h, dans le quartier de la Cerisaie, des forces de l'ordre étaient en train d'interpeller un automobiliste qui, «en défaut de permis de conduire», avait pris la fuite à pied, lorsqu'un jeune homme à deux-roues est arrivé dans leur direction, «à vitesse élevée» d'après le préfet.

Selon les premiers éléments de l'enquête, un des agents aurait fait signe au motard de ralentir. Puis, pour des raisons qui restent incertaines, la moto aurait chuté, et son pilote de 23 ans percuté un lampadaire métallique. Ce qui aurait conduit à sa mort.

Une version contestée par la famille du défunt, qui avait déposé plainte contre X pour homicide volontaire au lendemain des faits. Une information judiciaire a d'ailleurs été ouverte dans la foulée par le parquet de Pontoise.

«beaucoup de temps perdu», selon l'avocat de la famille

Quinze jours après le drame, la saisie de la «police des polices» est un gage de «satisfaction» pour la famille de la victime. C'était «une décision qui s'imposait», selon son avocat, maître Yassine Bouzrou. «Nous avons perdu beaucoup de temps [...] à cause de la non saisie de l'IGPN. Il est temps que la vérité soit faite, que les caméras soient exploitées correctement, que les témoins soient entendus correctement, que les véhicules soient expertisées correctement», a-t-il réagi.

En parallèle de l'enquête, la population se mobilise. Après une première manifestation au lendemain du drame, une marche blanche pour réclamer «la vérité» avait réuni près de 500 personnes dans le quartier de la Cerisaie le 13 octobre, dont plusieurs proches d'Ibrahima B. «Nous sommes ici pour dénoncer les violences subies par mon frère [...] tué par la police», avait déclaré l'un de ses frères aînés.

Ce n'est pas la première fois que la commune de Villiers-le-Bel est endeuillée dans de telles circonstances. En 2007, la mort de deux adolescents dans la collision entre leur mini-moto et une voiture de police avait entraîné de violents affrontements entre des habitants et les forces de l'ordre.

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