Sahel : la menace Daesh s'étend

Cette image, diffusée par l’agence de communication de Daesh, et dont l’AFP n’a pu certifier l’authenticité, montrerait des combattants du groupe terroriste au Sahel (Niger), en mai dernier.[[HO / AAMAQ NEWS AGENCY / AFP]]

Décapité, Daesh n’est pas mort. Et il fait tout pour le prouver. Malgré sa défaite militaire en Syrie en mars dernier, malgré la mort de son leader Abou Bakr al-Baghdadi, au cours d’une opération des forces spéciales américaines à la fin du mois d’octobre, le groupe terroriste continue de frapper.

Alors que les difficultés s’accumulent pour lui au Moyen-Orient, il profite de la présence de jihadistes qui lui sont affiliés en Afrique, et particulièrement au Sahel, pour se repositionner. Il y a deux jours, il a ainsi revendiqué l’attaque qui a tué un soldat français au Mali. 

Une zone de guérilla en Afrique

Dans un communiqué, les terroristes se sont présentés comme «les soldats du califat», avant de signer «Province Afrique de l’Ouest». Une preuve, s’il en fallait une, que l’idéologie mortifère de Daesh trouve toujours un écho, notamment en Afrique. Les groupuscules qui lui ont fait allégeance, et qui se sont organisés sur le continent, sont particulièrement actifs au Sahel, cette bande de terre située au sud du Sahara et traversant l’Afrique de la Mauritanie, à l’ouest, à l’Erythrée, à l’est, en passant par le Mali, le Niger, le Tchad et le Soudan.

Deux groupes sont particulièrement actifs et dangereux : Daesh d’Afrique de l’Ouest, ex-Boko Haram, et Daesh dans le Grand Sahara. Si ces deux entités ne possèdent pas un nombre de combattants et des ressources aussi vastes que le Daesh original, en Syrie et en Irak, des centaines de jihadistes sont néanmoins à leur service, pour mener des actions s’apparentant davantage à une guérilla qu’à un affrontement frontal contre les forces locales et occidentales. Très mobiles, se déplaçant beaucoup à moto, ils attaquent des cibles précises ou installent des explosifs, avant de disparaître. Leurs offensives peuvent être très meurtrières, comme l’a connu le Mali dernièrement. Outre le soldat français de l’opération Barkhane, Ronan Pointeau, quarante-neuf militaires locaux ont en effet été tués dans l’attaque de leur camp, vendredi dernier.

Sans volonté de reprendre du terrain, les terroristes du Sahel cherchent d’abord à désorganiser la région pour prospérer. «Nous mettrons du temps à vaincre ces groupes», a reconnu Florence Parly, ministre des Armées. «C’est un combat dans lequel il faut faire preuve de patience». L’opération Barkhane, lancée en 2014 pour combattre les jihadistes au Sahel, mobilise actuellement 4 500 militaires français.

L’Occident reste sous la menace

Difficile à abattre sur le terrain, que ce soit au Moyen-Orient ou en Afrique, Daesh continue en parallèle de livrer une guerre de communication contre l’occident. Ainsi, pour répondre aux Etats-Unis et à Donald Trump, qui a indiqué qu’Abou Bakr al-Baghdadi était mort «comme un chien», le groupe terroriste a affirmé que son successeur, «fera oublier les horreurs [et] les coupes amères [...], dont le goût paraitra doux» en comparaison de ce qu’il adviendra désormais.

Le groupe terroriste a également appelé à venger la mort de son ex-leader, mettant les services de renseignement mondiaux aux abois. Qu’il s’agisse de représailles organisées ou d’un loup solitaire passant soudainement à l’acte, la crainte est plus que jamais présente.

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