Un ancien fonctionnaire du ministère de la Culture poursuivi pour avoir intoxiqué des femmes afin qu’elles urinent devant lui

Le suspect a été révoqué en janvier 2019. [JACQUES DEMARTHON / AFP]

Un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture est soupçonné d’avoir, pendant plusieurs années, intoxiqué des femmes avec des diurétiques afin qu’elles urinent devant lui.

Selon une source judiciaire citée par l’AFP, l’homme, ancien sous-directeur aux ressources humaines, a été mis en examen fin octobre pour «administration de substance nuisible», «agression sexuelle par personne abusant de l'autorité conférée par sa fonction», «atteinte à l'intimité de la vie privée par fixation d'image», «violence par une personne chargée de mission de service public» et «infraction à la législation sur les médicaments».

Radiation de la fonction publique

«Une procédure disciplinaire a été engagée contre lui, aboutissant à sa radiation de la fonction publique. Dès que le ministère a eu connaissance de signalements de ses agents, il a engagé des actions auprès du procureur de la République. C'est à ce titre qu'une procédure judiciaire est en cours», a également indiqué le ministère de la Culture.

Précisant sur Europe 1 ce vendredi 8 novembre avoir été mis au courant «il y a quelques mois», le ministre de la Culture Franck Riester, s’est dit «atterré». Il a également évoqué une «affaire complètement folle d’un pervers».

L’affaire avait éclaté en juin 2018 à la Drac Grand Est lorsque l’ancien haut fonctionnaire avait été pris sur le vif en train de photographier les jambes d’une sous-préfète de Moselle. Il avait ensuite été suspendu en octobre puis révoqué en janvier 2019.

Selon Libération, qui consacre une longue enquête sur cette affaire, «plus de 200 femmes (...) ont été photographiées et/ou intoxiquées aux diurétiques, à leur insu, au ministère de la Culture puis à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) de la région Grand Est».

Interrogé par le quotidien, le suspect parle quant à lui «dix ou vingt» victimes. «J’aurais voulu qu’on m’arrête avant. C’était compulsif, mais il n’y avait pas chez moi une volonté d’empoisonner ces femmes», ajoute-t-il.

Un mode opératoire bien rôdé

Libération, qui s’appuie sur les témoignages de plusieurs victimes, évoque le mode opératoire du suspect. Dans le cadre d’entretiens d’embauche, l’ancien fonctionnaire proposait à ses victimes une boisson dans laquelle il avait glissé un diurétique. Il leur proposait ensuite un long tour dans Paris, les éloignant de toute possibilité d’accéder à des toilettes. «J’étais au bord du malaise. Sous un pont, j’ai baissé mon pantalon et ma culotte, et j’ai uriné. Pendant ce temps, il tenait son manteau devant moi pour me cacher et regardait mon visage», raconte l’une des victimes au journal.

Selon cette même source, l’homme tenait également un registre informatique dans lequel il consignait ses actes avec détails.

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