Violences contre la police et les pompiers : mais que sont les «tirs de mortiers» ?

Les mortiers d'artifice sont utilisés dans de nombreuses situations de violences contre la police (illustration).[ROBERTO SALOMONE / AFP]

Le tir de mortier est l’une des armes préférées des délinquants pour attaquer les forces de l’ordre. Son utilisation est presque devenue systématique lors de violences en banlieue. Derrière cette appellation guerrière se cache un abus de langage.

un feu d'artifice utilisé comme arme

Comme son vrai nom l’indique, le mortier d’artifice est d'abord un dispositif servant à propulser une boule pleine de produits pyrotechniques qui, lors de son explosion, crée des effets lumineux et sonores. Lorsque l’objet est utilisé contre les forces de l’ordre, il devient cependant une arme par destination (sa fonction première est détournée pour être utilisé comme tel). Il se révèle alors très dangereux, puisqu’il contient deux charges explosives différentes. L’une servant à projeter la bombe d’artifices, avec suffisamment de puissance pour la faire décoller dans les airs à grande vitesse et l’envoyer à plusieurs dizaines de mètres, l’autre pour la faire éclater.

Le diamètre de la boule d’artifices varie entre 40 et 60 mm de diamètre, et peut aller jusqu’à 30 mètres du mortier, détaille Le Parisien. Dans une vidéo datant de 2009, lors de violences en Seine-Saint-Denis, à Tremblay-en-France, les délinquants filment la façon dont ils utilisent ces mortiers.

des blessures graves

Les blessures occasionnées par les mortiers sont principalement des brûlures et des pertes ou diminutions auditives (passagères ou définitives), lorsque la charge explose pour libérer les feux d’artifices. Quand les tirs sont effectués non pas vers le haut, mais de façon tendus, la vitesse du projectile peut également blesser la personne visée, au moment de l’impact.

Il existe également un fort risque d’explosion lors du tir, qui peut toucher gravement l’utilisateur aux mains, parfois jusqu’à l’amputation de doigts. Ce qui est déjà arrivé à de nombreuses reprises.

Un autre risque majeur - et non physique - existe avec ces mortiers d’artifice. Celui de mettre le feu à un bâtiment, à un véhicule ou à du mobilier urbain, et de provoquer un incendie.

un objet illégal pour les non-professionnels

Leur prolifération s’explique par la facilité de s’en procurer. Si les gros feux d’artifice doivent être réservés aux professionnels, présentant un certificat bien précis (catégorie F4), leur achat est moins risqué et surveillé par les autorités que celui d’autres armes. Leur usage est notamment moins surveillé et donc risqué en Belgique, au Pays-Bas ou en Suisse, où il est aisé de se rendre pour se fournir. Internet permet aussi cela. Une perquisition menée dans un magasin d’Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) durant l’été a permis de saisir environ 200 kilos de bombes pyrotechniques, détaille Franceinfo.

En cas d’incendie provoqué par les artifices et s’ils ont provoqué la mort d’une personne, des peines pouvant aller de six mois à dix ans de prison et 150 000 euros d’amende peuvent être prononcées. Dix ans de prison sont également prévus s’ils sont utilisés en bande organisée contre les forces de l’ordre.

La différence avec un mortier de guerre

Sur les théâtres de guerre, les mortiers sont également utilisés. Si le principe reste le même (un «tube» permet d’envoyer un projectile au loin), les calibres et les composants des bombes sont bien différents. Il s’agit dans ce cas d’obus, dont l’explosion a pour but de «nettoyer» une zone ou de tuer les personnes se trouvant à proximité du point d’impact. Les bombes peuvent aussi être remplies de produits chimiques, comme cela aurait été le cas en Syrie, en 2013.

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