Précarité étudiante : une partie de Lyon 2 bloquée ce mercredi

Les étudiants se sont mobilisés le 12 novembre à Lyon. Les étudiants se sont mobilisés le 12 novembre à Lyon.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Une partie de la faculté de Lyon 2 a été bloquée ce mercredi. Un blocage qui fait suite à la tentative de suicide d'un étudiant lyonnais vendredi et des mobilisations de mardi.

Le campus Porte des Alpes de Lyon 2, situé à Bron, n'a pu accueillir de cours ce mercredi. Le syndicat Solidaires avait appelé au blocage de l'université mardi.

 

«Ce qui justifie cette opération de blocage, c'est le refus de l'équipe de la présidence de l'université, du rectorat et du gouvernement d'entamer un dialogue avec les étudiants», a expliqué à l'AFP Bastien Pereira Besteiro, enseignant à Lyon 2 et militant de SUD-Education.

«A chaque demande de dialogue, la réponse c'est le silence. La ministre (de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, ndlr) se contente de communiquer sur de petits troubles et pas sur les problèmes des étudiants, c'est simplement indécent.» Le mouvement contre la précarité étudiante va continuer s'il n'y a pas de réponse concrète du gouvernement, selon lui.

Si beaucoup de personnalités politiques s'accordent sur le fait que la précarité étudiante est un problème de société, les quelques débordements violents de la journée de mardi ont concentré les réactions.

Le gouvernement, par la voix de sa porte-parole Sibeth Ndiaye, a estimé que «rien» ne pouvait «justifier que des violences puissent être commises malgré l'événement tragique». Selon elle, «le gouvernement a évidemment pris à bras le corps le sujet de la précarité étudiante et de l'accompagnement à la réussite des études de l'ensemble des étudiants». 

«J'accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m'avoir tué»

Mardi, de nombreuses manifestations étudiantes avaient émaillé la journée à l'appel du syndicat Solidaires pour dénoncer la précarité des étudiants. A Lyon, un millier de personnes se sont rassemblées devant le CROUS, à l'endroit où Anas K. a tenté de s'immoler par le feu vendredi. A Lille, alors que François Hollande devait tenir une conférence, l'amphithéâtre de la faculté qui devait l'accueillir a été envahi par une centaine d'étudiants qui ont également déchiré les pages de son nouveau livre. A Paris, de nombreux étudiants se sont réunis dans la soirée ; une petite partie d'entre eux a forcé la grille du ministère de l'Enseignement supérieur en criant «Vidal démission».

Avant de passer à l'acte vendredi, Anas K. avait laissé un message sur les réseaux sociaux pour politiser son geste. «Aujourd'hui je vais commettre l'irréparable, si je vise donc le bâtiment du CROUS à Lyon, ce n'est pas pas hasard, je vise un lieu politique, le ministère de l'Enseignement supérieur et la Recherche et par extension, le gouvernement», commençait-il dans la lettre. «J'accuse Macron, Hollande, Sarkozy et l'UE de m'avoir tué en créant des incertitudes sur l'avenir de tous-tes», poursuivait-il après avoir dénoncé la perte de sa bourse. Le jeune homme est toujours entre la vie et la mort à l'hôpital. 

Dans sa dernière enquête en 2016, l'Observatoire de la vie étudiante avait recueilli les données suivantes : 22% des étudiants disaient avoir été confrontés à d'importantes difficultés financières durant l'année et 50% d'entre eux disaient avoir dû se restreindre au moins une fois depuis le début de l'année. 

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