«J'essayais de lutter pour ne pas m’évanouir» : le terrible récit d'une des victimes de l'ex-fonctionnaire soupçonné d'avoir mené des entretiens pervers

Les faits se sont déroulés lorsque l'ex-fonctionnaire travaillait à la Direction régionale des affaires culturelles Grand-Est.[GOOGLE MAPS]

Soupçonné d’avoir, pendant plusieurs années, intoxiqué des femmes avec des diurétiques afin qu’elles urinent devant lui, un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Culture doit faire face à un nouveau témoignage à charge.

Par l'intermédiaire de son avocat, l'une des victimes livre ce jeudi un récit glaçant d'un entretien d'embauche passé en novembre 2017 avec l'homme en question, qui exerçait alors à la Direction régionale des affaires culturelles Grand-Est en tant que directeur-adjoint. Elle raconte un mode opératoire déjà décrit par les autres victimes. Dans un premier temps, l'ex-fonctionnaire lui aurait servi un thé avec un diurétique avant de lui proposer un long tour dans Strasbourg, l'éloignant de toute possibilité d’accéder à des toilettes. 

«J’ai cru que j'allais m'évanouir tellement j'avais envie d'uriner. J’avais des sueurs froides et j’avais vraiment peur d’uriner devant lui dans ce bâtiment du ministère de la culture. J'ai demandé où étaient les toilettes et il m'a dit qu'il fallait tout d’abord que l’on dépose nos affaires dans son bureau, ce que nous avons fait. Je continuais dans ma tête à essayer de lutter pour ne pas m’évanouir. Puis bizarrement, CN avait des toilettes privées dans son bureau où il m'a indiqué d’aller. Je m'y suis rendue, tout en sachant qu’il pouvait m’entendre mais à ce stade j’étais surtout contente d’avoir pu éviter le pire. Quelques minutes plus tard, CN a mis fin à l’entretien dans son bureau. Je n’ai pas compris pourquoi j’avais dû aller dans ses toilettes plutôt que ceux de la DRAC.», témoigne-t-elle.

Après avoir eu écho dans la presse d'autres cas similaires au sien, la jeune femme a fini par porter plainte en juillet 2019. Elle explique les difficultés qu'elle rencontre depuis pour se reconstruire. «Cette expérience a été un choc pour moi. Un choc supplémentaire en tant que femme. Après cette histoire, je n'ai pas réussi à continuer à travailler au sein du ministère de la Culture où, par un concours du hasard, je travaillais au moment de la parution de l’article du Canard Enchainé», dit-elle espérant ainsi que son témoignage encourage d'autres potentiels victimes à se manifester auprès de la justice.

 

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