8 enfants sur 10 se retiennent d'aller aux toilettes à l'école

70 % des écoliers estiment que les toilettes sentent souvent mauvais. 70 % des écoliers estiment que les toilettes sentent souvent mauvais. [JACK GUEZ / AFP]

Propreté, odeur, dégradations... De multiples facteurs poussent les enfants à éviter de se rendre aux toilettes à l’école. Huit écoliers sur dix se retiendraient pendant la journée. Une situation qui peut avoir des conséquences sur la santé et la scolarité des jeunes.

En cette journée mondiale des toilettes, Harpic et Harris Interactive publient une étude sur les habitudes des enfants, réalisée sur 602 écoliers, âgés de 6 à 11 ans. 60% d'entre eux trouvent que les toilettes de leur établissement sont souvent sales et mal chauffées, et 70% qu’elles sentent souvent mauvais. Un enfant sur trois n’aime pas s'y rendre car les portes des WC ferment mal, et des problèmes de fonctionnement sont récurrents (chasses d’eau, lumière, absence de papier toilette etc.)

Selon l'étude, près de 90% des élèves ont développé des stratégies pour s'empêcher de se rendre au petit coin pendant la journée, comme boire très peu d'eau (50%), ou éviter de trop manger (23%). Pourtant, le fait de se retenir est très mauvais pour la santé. Les enfants interrogés se plaignent souvent de douleur au ventre, et cela peut engendrer des infections urinaires, cystites et gastroentérites. Le fait de se retenir influe aussi sur leur concentration en classe : 64% des élèves interrogés estiment avoir du mal à se faire leur travail et écouter le cours quand ils ont envie d'aller aux toilettes. 

peur et pudeur

Un autre problème pointé par l'étude est celui de la sécurité dans les sanitaires des établissements. Un enfant sur quatre serait aujourd'hui embêté ou victime de harcèlement aux toilettes, les lieux n'étant pas suffisamment surveillés par les adultes. 43% des écoliers n'aiment pas s'y rendre seuls, précise ainsi l'étude. Les portes des cabines qui ferment mal sont une source d'angoisse pour les enfants, qui préfèrent donc y aller à plusieurs pour se surveiller.

Dans les pages du Parisien, Edith Maruejouls, sociologue qui collabore au programme «À nous les toilettes !», lancé par Harpic, met en évidence le problème de la pudeur. Il touche autant les garçons que les filles, même si les WC sont non-mixtes. Elle prône la fin des urinoirs pour les garçons, qui les oblige à montrer leur intimité, et l'installation des sanitaires dans la cour pour permettre aux adultes de mieux surveiller les lieux, et ainsi limiter les situations d'humiliation et de harcèlement.

Nombre d'enfants n'osent pas parler des problèmes des WC à leurs parents, par gêne. Selon une étude Essity-Ifop réalisée en 2018, 51% des enfants interrogés ont honte de parler de ces problèmes à leurs enseignants. On leur apprend également à ne pas se rendre aux toilettes pendant les cours, sous peine de sanctions, ce qui renforce leur habitude de se retenir. 

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