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Plan hôpital : le gouvernement doit annoncer ce mercredi une série de mesures

Si les détails ne sont pas connus, des tendances se dégagent sur les mesures qui devraient être prises.[©STEPHANE DE SAKUTIN / AFP]

Des hôpitaux publics à réanimer. Depuis le mois de juin, deux plans ont été proposés par l’Etat : une aide de 70 millions d’euros pour les urgences et une autre de 750 millions d’euros sur quatre ans pour l’ensemble du milieu hospitalier. Trop peu à en croire la mobilisation continue des professionnels.

Après la manifestation du 14 novembre, où 268 établissements étaient en grève, Emmanuel Macron a donc promis des décisions fortes. C’est d’ailleurs son Premier ministre, Edouard Philippe, qui a pris la main sur le dossier, chargé d’annoncer ce matin, à l’issue du Conseil des ministres, «le montant, l’ampleur, les modalités techniques et le calendrier» du «plan renforcé». Si les détails ne sont pas connus, des tendances se dégagent sur les mesures qui devraient être prises.

Des moyens financiers et humains 

Dans un premier temps mise de côté par Bruno Le Maire, la possibilité d’un rachat de la dette des hôpitaux (29,5 milliards d’euros l’an dernier), a pris de l’épaisseur ces derniers jours. Cette mesure permettrait aux établissements de soulager leurs finances et d’investir. Elle représente en effet 42 % du chiffre d’affaires annuel des hôpitaux publics et plombe les finances.

Chaque année, son remboursement leur coûte 840 millions d’euros aux hôpitaux et les empêche d’investir. Toutefois, elle ne devrait pas être rachetée dans sa globalité, mais au cas par cas, selon les établissements. L’autre piste concerne l’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam). Il s’agit d’un montant de dépenses à ne pas dépasser, voté chaque année par le Parlement au moment de la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS).

Pour l’année prochaine, il a été fixé à 2,1 % des dépenses globales d’assurance maladie et pourrait obliger les hôpitaux à faire des économies car les dépenses, elles, ne cessent d’augmenter. La Fédération hos­pitalière de France (FHF) a fait part de son inquiétude et une aide de 250 millions d’euros devrait être actée pour 2020.

Le gouvernement planche aussi sur une revalorisation des salaires pour faire face à la concurrence du privé et à une hausse des effectifs pour combler les postes vacants (400 en région parisienne). Cependant, des contreparties sont attendues. Elles devraient concerner la lutte contre l’absentéisme ou une nouvelle organisation dans les établissements.

Le spectre de nouvelles grèves

Si certaines revendications devraient donc être entendues, d’autres pourraient avoir plus de mal à être appliquées. Le personnel hospitalier demande par exemple 300 euros net. Une demande qui sera compliquée à satisfaire. Afin d’avoir des établissements plus efficaces, les syndicats souhaitent l’abandon de la tarification à l’activité. Une mesure datant de 2007 et qui récompense financièrement les hôpitaux qui font plus d’interventions.

Enfin, le personnel de santé voudrait que tous les soignants soient associés à la gouvernance de l’hôpital. En cas de déception sur les réponses apportées au malaise des hôpitaux, le personnel a notamment fait savoir par la voix du collectif Inter-urgences, qui regroupe plusieurs centaines de soignants, qu’il était prêt à un long bras de fer. La grève du 30 novembre serait maintenue,  avant de rallier le mouvement social national du 5 décembre.

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