Viol en réunion à Antony : verdict de l’appel ce vendredi pour les sept accusés

Deux autres jeunes poursuivis dans ce dossier ont été condamnés par le tribunal pour enfants.[AFP]

En 2017, ils ont été acquittés en première instance. Sept accusés sont jugés en appel cette semaine, devant la cour d'assises des mineurs du Val-d'Oise, pour le viol en réunion d’une ado âgé de 14 ans en 2011 à Antony.

A l’époque, le parquet général avait interjeté appel et les sept jeunes hommes sont ainsi jugés à huis clos jusqu'à vendredi pour des faits remontant à la nuit du 9 au 10 septembre 2011.

Que s’est-il passé ?

Dans la nuit du 9 au 10 septembre 2011, la jeune fille était seule dans l'appartement de son père à Antony (Hauts-de-Seine). Elle a raconté avoir été violée pendant plusieurs heures par des jeunes de son quartier dont certains avaient le visage partiellement dissimulé. Six des prévenus avaient entre 15 et 17 ans. Le dernier était âgé de 20 ans.

Les accusés avaient alors reconnu des rapports sexuels mais affirmé qu'ils étaient consentis. Au cours de l'instruction, ils avaient évoqué une réputation de «fille facile» de la partie civile.

«On ne peut pas laisser acquitter des individus qui sont entrés de force au domicile de [la jeune fille], qui l'ont forcée à avoir des relations avec eux», a déclaré Samia Meghouche. «Leur défense dit aussi qu'elle ne s'était pas débattue, qu'elle n'avait pas hurlé, évidemment elle était tétanisée par la peur», a-t-elle ajouté. L'avocate a précisé que sa cliente n'avait «pas la force» de se rendre au procès mais qu'elle serait entendue en visioconférence.

Un premier verdict contesté

En 2017, le verdict avait suscité une vague d’indignation. Une pétition avait été lancée par la présidente de l'association Mémoire Traumatique et Victimologie, et avait réuni quelque 50.000 signatures.

Qualifiant le premier verdict d'«intolérable», l'avocate de la plaignante - aujourd'hui âgée de 22 ans - s'est félicitée de la tenue de ce second procès.

«Cette affaire est une forme d'échec judiciaire pour tout le monde», a estimé Me Yassine Yakouti, qui défend quatre accusés. «C'est une procédure bien trop longue et qui aurait dû s'arrêter avec la décision d'acquittement».

«On est confiant puisqu'il y a eu quand même une décision d'acquittement mais on reste extrêmement sur nos gardes parce que le contexte depuis le premier jugement a changé», a déclaré Me Pierre Degoul, lui aussi pour la défense, en faisant référence, notamment, au mouvement #metoo.

Deux autres jeunes poursuivis dans ce dossier, qui étaient âgés de moins de 15 ans au moment des faits, ont été condamnés par le tribunal pour enfants. L'un d'eux avait fait condamner l'Etat pour «déni de justice» en octobre 2017, du fait de délais trop importants dans l'instruction.

Le procès en appel se tient à huis clos et connaîtra son épilogue ce vendredi. 

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