Les chiffres de l'empreinte carbone des banques

Une pancarte lors de la Marche du siècle en faveur de l'environnement, le 16 mars. Une pancarte lors de la Marche du siècle en faveur de l'environnement, le 16 mars.[Pascal GUYOT / AFP]

Dans un rapport publié le 28 novembre, les ONG Les Amis de la Terre et Oxfam pointent du doigt la «colossale» empreinte carbone des banques françaises, liée au financement des énergies fossiles.

4,5

En 2018, les émissions de gaz à effet de serre des quatre principales banques françaises regroupées – BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale et BPCE – représentent 4,5 fois celles de la France (2 milliards de tonnes équivalent CO2 contre 445 millions). En cause ? «Les activités de financement et d'investissement de ces quatre banques dans le secteur des énergies fossiles», commente le rapport.

782

Sur les deux milliards de tonnes équivalent CO2 émises par les quatre banques, la BNP Paribas fait figure de plus mauvais élève avec 782 millions de tonnes rejetées. Viennent ensuite le Crédit Agricole (585 millions), la Société Générale (505 millions) et la BPCE (163 millions).  

70% 

En 2016 et 2017, 70% des financements énergétiques des banques ont été dirigés vers des énergies fossiles. «De 2016 à 2017, elles ont même réduit leurs financements aux énergies renouvelables d’un montant équivalent à l’augmentation de leurs financements aux énergies fossiles», précisent Oxfam et Les Amis de la Terre.

LE RAPPORT EN APPELLE AU GOUVERNEMENT

Le rapport montre aussi que les banques auraient tout intérêt à changer la nature de leur investissement pour faire face au «risque de transition». De plus en plus, les «actifs carbonés» vont être pénalisés, taxés et le prix du carbone va grimper.

«Au niveau mondial, ce ne sont pas moins de 20 000 millards de dollars de valeurs boursières d'entreprises carbo-intensives qui sont menacés», alertent Oxfam et Les Amis de la Terre qui regrettent que les banques ne pensent qu'à court terme.

La stratégie des quatre banques incriminées par le rapport pour réduire les investissements dans les énergies fossiles ont été passées au crible par le rapport. Seule celle du Crédit Agricole, qui s'est engagé à sortir du charbon d'ici 2030 pour les pays européens, trouve grâce aux yeux des deux ONG.

Oxfam et Les Amis de la Terre demandent au gouvernement français de mettre en place des normes contraignantes pour les banques comme leur interdire tout soutien financier «dédié à de nouveaux projets d'énergie fossile», ou encore s'assurer que les banques «actent en première priorité une sortie totale du charbon d'ici 2030 dans les pays européens et d'ici 2040 dans le monde». 

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