Les jeunes se cultiveraient plus que l'on croit

Une pancarte lors d'une manifestation à Lyon le 14 décembre. Une pancarte lors d'une manifestation à Lyon le 14 décembre.[JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP]

On les dit passifs et en permanence vissés sur leur portable: à rebours des clichés, les jeunes apparaissent comme de gros consommateurs culturels, faisant la part belle au numérique comme aux pratiques plus traditionnelles, d'après une étude.

Aller au cinéma, regarder des séries en streaming, faire de la photo et lire des livres... Autant d'activités prisées des 18-30 ans, classe d'âge la plus active et la plus créative, selon l'édition 2019 du baromètre DJEPVA sur la jeunesse, même si d'importantes disparités existent en lien avec les origines sociales et géographiques.

D'après l'étude réalisée en ligne, le cumul de pratiques culturelles est la règle parmi cette classe d'âge, avec huit jeunes sur dix ayant pratiqué dans l'année une activité créative, une activité culturelle numérique ainsi qu'une sortie. 

Sur les douze derniers mois, il sont ainsi 83% à avoir été au cinéma, 81% à avoir regardé des films sur des plateformes, 78% à avoir lu un livre, 65% à avoir fait des travaux manuels et 56% à avoir téléchargé de la musique sur internet. 

Le prix, premier frein à l'accès à la culture

Car comme le montre l'enquête, «le temps consacré au numérique n'entame pas nécessairement le temps consacré à d'autres activités culturelles ou artistiques».

«Au contraire, les ordinateurs, tablettes et smartphones rendent possible la transition rapide entre différentes activités (photographie, films, sociabilité, lecture, écriture, écoute de musique, visionnage de films, séries ou vidéos) voire la multi-activité», poursuit l'étude, décrivant les jeunes comme des «omnivores culturels». 

Mais à l'heure où le débat sur la précarité étudiante fait rage, la question du coût n'est pas éludée et s'avère être le premier frein à la culture, en particulier pour les jeunes en situation d'activité ou familiale précaire.

Ces disparités sociales sont le plus visibles sur les sorties culturelles, qui sont sans surprise fortes pour les jeunes les mieux installés sur le plan socioéconomique. L'autre paramètre entrant en ligne de compte est le lieu de résidence, avec des facilités pour ceux vivant dans les grandes villes. 

Dernier facteur d'ordre psychologique cette fois-ci: l'auto-censure que peuvent s'imposer certains jeunes face à des pratiques culturelles, souligne l'étude réalisée entre février et mars auprès d'un échantillon de 4.516 jeunes de 18 à 30 ans.

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