Reçus à Matignon, les agriculteurs saluent «une écoute» de la part du gouvernement

Christiane Lambert est la présidente de la FNSEA. [LUDOVIC MARIN / AFP].

Moins d'une semaine après avoir crié leur colère sur le périphérique parisien et dans les rues de la capitale, les agriculteurs, représentés par la FNSEA et les Jeunes Agriculteurs (JA), étaient reçus, ce mardi 3 décembre à Matignon, par le Premier ministre Edouard Philippe.

Bien qu'aucune annonce n'ait été faite, à l'issue d'un entretien d'une heure trente avec le chef du gouvernement, Christiane Lambert, la présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA), a assuré avoir eu «l'écoute» d'Edouard Philippe

Une écoute qui, a-t-elle précisé, a porté sur les principaux sujets de préoccupation de la profession tels les «distorsions de concurrence», les zones de non-traitement en produits phytosanitaires, les Etats généraux de l’alimentation (EGA) ou encore les agressions et intrusions dans les élevages. Sur ce dernier point, les services du Premier ministre ont indiqué qu'une cellule dédiée, au sein de la Direction générale de la Gendarmerie nationale, allait permettre d’identifier et de poursuivre les auteurs de ces actes.

Un cap fixé et des annonces à venir dans les semaines qui viennent

Sur l'épineux dossier des pesticides, la responsable du syndicat agricole majoritaire dans le pays a par ailleurs dénoncé des peurs «irrationnelles».

«Nous avons souhaité que ce qui doit prévaloir par rapport aux décisions qui vont être prises, ce soit la science, toute la science, rien que la science», a-t-elle rappelé.

Alors que le ministre de l'Agriculture, Didier Guillaume, avait confirmé, le 17 novembre dernier, une future distance minimale de 5 à 10 mètres entre les zones d'épandage et les habitations, Christiane Lambert a émis le souhait que les décisions puissent venir directement du Premier ministre «notamment vis-à-vis des décrets qui sont imminents», a-t-elle dit.

Présent à ses côtés, Samuel Vandaele, le président des Jeunes Agriculteurs, a, lui, insisté sur les Etats généraux de l’alimentation, et sur la loi qui en a découlé en 2018, censée apporter un revenu décent aux producteurs.

«Le Premier ministre a partagé notre constat selon lequel le compte n’y était pas», a indiqué le responsable syndical, ajoutant qu’Edouard Philippe s’était «engagé à revoir avec Bercy pour que des sanctions soit appliquées concernant les fraudes sur l’étiquetage et sur les relations commerciales».

«L’objectif était avant tout de fixer un calendrier suite aux mobilisations de la semaine dernière», a-t-il ajouté, indiquant que si des dates précises d'annonces ont bien été fixées, elles seront uniquement communiquées par Edouard Philippe.

Une officialisation promise «dans les prochaines semaines», selon ses services.

Les agriculteurs en dehors de la mobilisation contre la réforme des retraites

Dans cette attente, Christiane Lambert a quant à elle confirmé qu'elle n'appelait pas les agriculteurs à rejoindre la mobilisation contre la réforme des retraites, qui doit avoir lieu ce jeudi 5 décembre, tout en apportant à nouveau son soutien au projet gouvernemental d'un futur système universel de retraite par points.

Une réforme qui, selon la présidente de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles, ne peut être que «mieux pour les agriculteurs». Un point de vue sans surprise partagé par Matignon et réitéré dans un communiqué.

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