Infirmière poignardée et retraité les mains coupées : deux suspects arrêtés dans le double meurtre du Loiret

Les enquêteurs en savent de plus en plus sur le déroulement des faits. [Bertrand Guay / AFP]

Un homme et sa sœur, âgés de 33 et 40 ans, ont été mis en examen pour «double meurtre en concomitance», après les meurtres d'une infirmière et de son patient retraité, qui avait eu également les mains coupées, en octobre dans le Loiret.

Les deux suspects, Messaoud et Fazia M., selon Le Parisien, nient leur implication, en «se rejetant partiellement la responsabilité des faits», a précisé le procureur de la République d'Orléans. Selon lui, loin des craintes d’un tueur qui amputerait ses victimes, il s’agirait simplement d’«un mobile crapuleux», qui aurait conduit à ce double meurtre. Un troisième individu, un forestier âgé de 54 ans, a lui aussi été mis en examen dans cette affaire, puis placé en détention provisoire, pour non dénonciation de crime. Compagnon épisodique de la suspecte, il n’aurait pas été présent lors des meurtres.

deux crimes épouvantables

L’affaire remonte au 21 octobre dernier, quand une infirmière libérale de 42 ans, Karine Foucher, mère de deux enfants, avait été retrouvée morte dans un champ en bordure de route, à Pannes, près de Montargis (Loiret). Ses mains étaient liées par un câble téléphonique. Elle avait été frappée avec une arme blanche au thorax et au cou. Le corps de son patient, Jacques Samson, un retraité de 84 ans à qui l'infirmière avait l'habitude de prodiguer des soins tôt le matin, avait été retrouvé le même jour à son domicile de Châlette-sur-Loing, à environ deux kilomètres de l'endroit où le corps de Karine Foucher avait été retrouvé. Les deux mains du retraité avaient été amputées post-mortem. Elles n'ont toujours pas été retrouvées et la raison de cet acte reste inconnue, a précisé le procureur.

l'étau se resserre autour des suspects

Les deux suspects, lui polytoxicomane et elle sans emploi et mère de sept enfants, se défendent de l’accusation en expliquant être restés toute la nuit dans le pavillon de cette dernière, situé à environ 200 mètres de la maison du retraité. Pourtant, l'ADN de la suspecte a été retrouvé à deux reprises au domicile du décédé, puis sur le véhicule et les vêtements de l’infirmière. Le portable de celle-ci a par ailleurs borné au domicile de la sœur, où les assassins présumés auraient fait une halte après les crimes.

La suspecte connaissait bien le retraité, chez qui elle avait fait des ménages jusqu'en 2017. A cette période, la famille de l'homme de 84 ans avait entamé une procédure contre elle, l'accusant d'avoir encaissé des chèques d'une forte somme, a expliqué le procureur. Le jour des meurtres, le frère, déjà condamné à douze reprises, notamment pour des affaires de stupéfiants, a été identifié faisant un retrait de 800 euros près de Montargis avec la carte bleue de l'infirmière. Peu de temps après, il a confié à des témoins disposer de 800 euros, a précisé le procureur.

les faits se précisent

Selon Le Parisien, les deux suspects se seraient introduits chez Jacques Samson afin de le cambrioler, et l’auraient tué alors qu’il se débattait. Ils auraient alors été surpris par Karine Foucher, qui venait lui administrer des soins. Ils l’auraient ligotée et transportée vivante dans son véhicule pour retirer 800 euros à un distributeur du village, avant de la poignarder et d’abandonner son corps en lisière de forêt. D'après le procureur, il est «établi» qu'elle était là au mauvais endroit au mauvais moment.

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