Grève générale : y aura-t-il des trains à Noël ?

A six semaines du jour J, la situation demande encore à être précisée, mais inquiète d’ores et déjà les usagers [JACQUES DEMARTHON / AFP].

La CGT-Cheminots, premier syndicat de la SNCF, a appelé ce mercredi à «renforcer la grève», réagissant aux annonces du gouvernement sur le projet de réforme des retraites. Dès lors, beaucoup de Français, désireux de rejoindre leurs proches en train pour les fêtes, se demandent s'ils pourront bien circuler à Noël.

Certaines pistes oscillaient avant le début du mouvement entre, d'une part, certains syndicats de la SNCF, qui assurent que Noël n'est pas un but en soi, et, d'autre part, des sources qui font état de cheminots prêts à débrayer pour au moins un mois. Près d'une semaine après le début de la grève, cette tendance semble donc se confirmer.  

«Le but n'est pas d'aller jusqu'à Noël», pour FO CHEMINOTS

Joint par L'Express avant le début de la grève, le secrétaire général de Force ouvrière Cheminots, Philippe Herbeck, avait toutefois expliqué que, pour lui, «le but n'est évidemment pas d'aller jusqu'à Noël».

«On veut que [la grève] soit massive dès le départ, rassembler le plus de monde sur les premiers jours, précise-t-il. Si on la déclare illimitée, c'est parce que c'est plus difficile de remobiliser les personnes si elles sont reparties au travail entre-temps, elles peuvent subir des pressions managériales par exemple, alors qu'avec l'aspect illimité, on maintient les travailleurs dans la mobilisation», explique-t-il encore.

Concrètement, FO Cheminots souhaite ainsi que le mouvement soit directement «massif et bloquant» les premières 72 heures pour faire céder le gouvernement sur l'épineuse question des retraites.

«Il n'y a pas encore de visibilité», SELON LA SNCF

À la SNCF, on répondait toutefois début décembre qu'il était encore trop tôt pour anticiper le mouvement et qu'il n'y a «pas encore de visibilité». 

Mais certaines sources, plus confidentielles, sous-entendaient déja que la grève pourrait être bien plus dure que ce que laissaient à penser les propos des syndicats, plutôt rassurants.

Au cours d'un débat organisé dimanche 10 novembre dans l'émission «Les informés», sur franceinfo, le fondateur du site d’information Opinion Internationale Michel Taube avait ainsi indiqué que certains cheminots seraient bien décidés à entrer dans un bras de fer des plus durs avec le gouvernement.

«Pour avoir discuté avec plusieurs cheminots, certains d'entre eux me disent qu'ils prévoient d'utiliser leur 13e mois pour faire face à la grève. C'est-à-dire qu'ils se préparent en fait à un mois de grève. Cela pour entrer dans un bras de fer avec le gouvernement qui promet d'être très fort», affirmait ainsi le journaliste. 

L'anticipation, la meilleure solution

Dans ces conditions, l'anticipation, en prévoyant le cas échéant des moyens de transport alternatifs, apparaît déjà comme la meilleure solution.

A cet égard, et comme c'était déjà le cas en 2018 avec la «grève perlée» contre la réforme du statut de cheminot, les compagnies d'autocars et autres sites de co-voiturages pourraient connaître une belle affluence dans les jours à venir. Et peut-être jusqu’à Noël...

Par ailleurs, pour tous ceux qui ont déjà acheté leurs billets de train et qui souhaitent les conserver, et comme la SNCF l'indique sur son site, en cas de mouvement social, le plan de transport adapté est connu l'avant-veille à partir de 17 h. Dès lors, les usagers peuvent modifier ou annuler sans frais leur voyage.

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