La grève a-t-elle une incidence sur la pollution en région parisienne ?

Fait assez rare : il n'y a pas eu d'effet "heures de pointe" le 5 décembre dernier, à cause de la grève. Trafic routier, météo, chauffage... Plusieurs critères influent actuellement sur la qualité de l'air en Ile-de-France. [© Philippe Lopez/ AFP]

Six jours après le début de la grève qui touche fortement les transports en commun de la région, et alors que de nombreux Franciliens ont pris leur disposition pour travailler depuis chez eux, la question de l'incidence de ce mouvement social sur la pollution peut être posée.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que les niveaux de pollution sont restés très bas ces derniers jours dans la région. Et s'il est «effectivement très compliqué d'établir des liens entre ces faibles niveaux et la grève» selon l'association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France Airparif, il n'en demeure pas moins que certaines corrélations peuvent être établies.

Exemple le 5 décembre dernier, quand beaucoup sont restés à la maison au premier jour de la grève, alors que les prévisions d'Airparif prévoyaient une qualité de l'air «médiocre», avec «un indice de pollution élevé et des niveaux importants en particules PM10», il n'en a rien été. «Dès le matin, on a constaté que les conditions étaient bien meilleures que prévues», explique Charlotte Songeur, ingénieure Airparif, qui souligne qu'en l'absence de voitures et donc d'émissions de polluants, les niveaux sont restés très bas.

Au contraire pour la journée du lundi 9 décembre, où un niveau record d'embouteillages a presque été atteint dans la région. «Lundi, il s'est produit tout l'inverse, reprend l'ingénieure. Il y a eu beaucoup plus d'émissions car beaucoup plus de voitures mais en revanche, le vent et la pluie ont dispersé la pollution, qui s'est noyée dans une grande masse d'air. Du coup, les niveaux sont également restés très bas, mais pour les raisons totalement inverses».

«On a eu la chance d'avoir peu de voitures les jours où les conditions météorologiques étaient favorables à la pollution et beaucoup de pluie pour compenser les jours où il y a eu énormément de trafic et donc davantage d'émissions de polluants», a ainsi résumé l'ingénieure Airparif, pour qui la pluie a un effet «radical» avec pour résultat «de nettoyer instantanément les traces de pollution».

A noter donc que contrairement à ce qui était attendu, les niveaux de pollution de l'air sont restés très faibles ces derniers jours, notamment à cause d'une météo très favorable. Et les prochains jours ne devraient rien changer à cela selon un prévisionniste d'Airparif, qui assure que l'on va rentrer dans une période «plus tranquille», propice aux faibles niveaux de pollution «avec beaucoup de vent et de la pluie».

Mais attention, comme le nuance Charlotte Songeur, la pollution ne dépend pas seulement de la météo mais également du facteur des émissions liées aux voitures mais aussi liées au chauffage urbain. Des niveaux très élevés, selon l'ingénieure, «visibles dès que les gens commencent à rallumer les feux de cheminée, notamment dans les foyers dits 'ouverts' et plus particulièrement lors des périodes de grand froid».

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