Carlos Ghosn attaque Renault en justice pour faire valoir ses droits à la retraite

Carlos Ghosn affirme ne pas avoir démissionné de Renault, mais seulement quitté l'entreprise, afin justement de faire valoir ses droits à la retraite, alors qu'il était de fait empêché de diriger le groupe car en prison. Carlos Ghosn affirme ne pas avoir démissionné de Renault, mais seulement quitté l'entreprise, afin justement de faire valoir ses droits à la retraite, alors qu'il était de fait empêché de diriger le groupe car en prison. [JOSEPH EID / AFP]

Il poursuit sa contre-attaque. Après sa fuite au Liban et sa conférence de presse en forme d'opération de com', Carlos Ghosn poursuit en justice Renault, son ancien employeur, pour réclamer le paiement de son indemnité de départ en retraite, soit 250.000 euros.

L'ancien PDG de Renault-Nissan, inculpé au Japon pour différentes malversations financières, conteste en effet sa démission du groupe automobile. Une décision pourtant constatée par Renault le 24 janvier 2019, après que Carlos Ghosn avait signé une lettre la veille à l'attention du conseil d'administration de la firme au losange, depuis sa prison japonaise, dans laquelle il avait fait savoir sa «décision de mettre un terme à [ses] mandats». «Ma démission de Renault ? C’est une farce !», se défend dans Le Figaro l'ex-patron.

«Je réclame mes droits à la retraite ainsi qu’à tous les droits qui me sont acquis. J’ai d’abord voulu que cela se règle de façon amiable. Chacun connaît les conditions dans lesquelles j’ai dû quitter Renault : j’étais emprisonné ! Mais, que je sache, il existe un droit en France, il existe une justice. La façon dont tout cela s’est déroulé à ce moment-là sera connue», poursuit Carlos Ghosn dans le quotidien.

Lors de sa conférence de presse, à Beyrouth, le 8 janvier dernier, Carlos Ghosn avait déjà affirmé qu'il n'avait pas démissionné de Renault. «Je me suis retiré pour permettre à Renault de fonctionner normalement, alors que j'étais en prison. Dire que c'est une démission, c'est un travestissement de la réalité», avait-il lancé devant un parterre de 150 journalistes internationaux.

Une audience devant les prud'hommes fin février

Selon lui, Renault n'avait pas le droit de le priver de ses droits à la retraite, ainsi que de ses actions de performances attribuables au titre des années 2015 et suivantes - qui représenteraient plus de 20 millions d’euros selon Capital. Carlos Ghosn a donc saisi les prud'hommes fin décembre, pour réclamer du constructeur français le paiement de son indemnité de départ en retraite. Une audience aura lieu fin février, révèle Le Figaro. L'entourage de l'homme d'affaires franco-libano-brésilien a précisé qu'une autre procédure, cette fois auprès du tribunal de commerce, était envisagée pour obtenir sa «retraite chapeau» d'un montant brut de 774.774 euros par an, ainsi que ses 380.000 actions de performances.

Du côté de Renault, c'est l'incompréhension la plus totale. «Le conseil d'administration avait officiellement pris acte de sa décision [de démissionner, NDLR]», a expliqué au Parisien une source proche du dossier. «Un communiqué parfaitement clair avait d'ailleurs été publié dès le lendemain de la réception de son courrier. Sans aucune réaction. Ni de Ghosn lui-même, ni de ses avocats, ni de son épouse. Et tout à coup, il se réveille, un an après, pour réclamer de l'argent, de surcroît sans un seul mot pour les employés ? C'est quand même un peu fort de café», poursuit cette source. «Demander une retraite-chapeau dans ce contexte, c'est un peu indécent», a de son côté fustigé la ministre du Travail Muriel Pénicaud sur RTL, tout en rappelant que l'Etat était actionnaire de Renault.

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