Alain Robert, le «Spiderman français», escalade une tour de la Défense en soutien à la grève contre la réforme des retraites

«Les gens passent déjà quarante années à aller au charbon, souvent pour un travail qu’ils n’aiment pas. On veut continuer à vivre décemment», a expliqué le célèbre grimpeur avant de débuter son ascension. [THOMAS SAMSON / AFP].

Une prouesse physique à portée sociale. Alain Robert, le «Spiderman» français, a escaladé à mains nues, ce lundi 13 janvier, la tour Total de La Défense (Hauts-de-Seine), pour manifester son soutien à la grève contre la réforme des retraites. Il a été interpellé une fois arrivé au sommet de l'immeuble.

«Les gens passent déjà quarante années à aller au charbon, souvent pour un travail qu’ils n’aiment pas. On veut continuer à vivre décemment», a expliqué le célèbre grimpeur avant de débuter son ascension.

Agé de 57 ans, le spécialiste de l’escalade de gratte-ciel, avait entamé son parcours des 187 mètres de la tour Total, dans le quartier de La Défense, vers 10h30, avant d’atteindre le sommet 52 minutes plus tard.

«Il faisait très froid, je ne sentais plus l’extrémité de mes doigts, c’était délicat. Et puis je n’ai plus la même patate qu’il y a vingt ans», a-t-il plaisanté à l’issue de son ascension, avant d’être emmené par la police.

«Est-ce qu’il va falloir que je grimpe jusqu’à 64 ans ?»

Avec ce nouvel exploit, Alain Robert a voulu montrer son soutien à la grève contre la réforme des retraites, un «combat» qu’il juge «légitime». 

«A 57 ans, je ne suis techniquement pas loin de la retraite. Et ma seule façon de gagner de l’argent, c’est de grimper. Est-ce qu’il va falloir que je continue à grimper en solitaire jusqu’à 64 ? Ou bien 67 ans ?», a-t-il fait remarquer, non sans une certaine ironie.

«Il faut arrêter de dire aux gens de travailler plus pour gagner moins, car c’est en ça que consiste la réforme. […] Il faut cotiser, mais certains travaux sont plus compliqués que d’autres et il faut prendre en compte la pénibilité», a-t-il ajouté.

Une ascension à mains nues et sans assurance

Fidèle à ses habitudes, ce spécialiste du solo intégral a grimpé à mains nues, sans assurance, sous les yeux ébahis de quelques passants.

Ce n’est d'ailleurs pas la première fois qu’Alain Robert utilise ses prouesses pour faire passer un message politique.

En août 2019, il avait notamment grimpé les 68 étages du Cheung Kong Center, à Hong Kong, pour déployer une banderole en faveur de la paix entre la Chine et l’ex-colonie britannique, en pleine crise politique.

En 2015, il s'était déjà illustré à La Défense, en gravissant la tour Engie, afin de militer pour «un système bancaire plus transparent».

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