Paris : licencié après avoir été pris en photo endormi, un agent de propreté poursuit son employeur

La décision devrait être mise en délibéré à l'issue de l'audience de ce mardi 14 janvier après-midi. [©Capture d'écran Twitter]

Un agent de propreté a été licencié pour «faute grave» après avoir été pris en photo à son insu, le 12 septembre 2018, en train de dormir en tenue de travail. Désormais en situation de précarité, l’employé conteste son licenciement ce mardi 14 janvier devant les prud'hommes de Créteil (Val-de-Marne).

Sur le cliché posté sur Twitter, où il a été massivement partagé, on peut voir Adama Cissé, 37 ans, allongé le rebord d’une vitrine d’un commerce dans le 1er arrondissement de la capitale, dans sa tenue verte et jaune fluo d'agent de propreté, pieds nus et visiblement endormi.

«Voilà à quoi servent les impôts locaux des Parisiens à payer les agents de propreté à roupiller, on comprend pourquoi Paris est si dégueulasse», a commenté une internaute.

«On était en pause»

Depuis 2011, cet habitant de Gagny (Seine-Saint-Denis) collectait les déchets des poubelles de rues à Paris. En septembre 2018 pendant une de ses tournées, il s'est arrêté pour «faire une pause». «On était en avance, comme ça pouvait arriver avec certains chauffeurs», a précisé l'employé, avant d’ajouter que la tournée a été bouclée à l’heure.

Souffrant de douleurs à un pied après une fracture, c'est la raison pour laquelle il a ôté ses chaussures, a expliqué son avocat Joachim Scavello. Adama Cissé est ensuite convoqué par son employeur Derichebourg et un mois plus tard, en octobre 2018, est licencié pour «faute grave».

«Durant votre vacation, vous avez été vu allongé sur le rebord d'une vitrine d'un commerce, et vous aviez quitté vos chaussures de sécurité. Cette attitude révélant votre volonté de vous assoupir durant votre service a fait l'objet d'une sévère réclamation de notre client», peut-on lire dans sa lettre de renvoi.

L'employeur «tape très, très fort, pour pas grand-chose»

Derichebourg avait également répondu directement à l'utilisatrice sur Twitter : «Derichebourg Environnement ne cautionne pas ce type de comportement de la part de ses collaborateurs. La personne qui apparaît sur la photo fait l'objet d'une procédure disciplinaire», était-il indiqué.

L'employeur «tape très, très fort, pour pas grand-chose», dénonce l'avocat d'Adama Cissé. «On ne conteste pas la photo, mais il y a un contexte derrière tout ça. Il était en pause, pas en temps de travail», dit Me Scavello.

Outre «les proportions publiques pas très agréables» que l'affaire a prises en étant postée sur les réseaux sociaux, «la question qui se pose est : peut-on utiliser une photo prise à l'insu de quelqu'un pendant un temps de pause pour le licencier ?», demande-t-il aussi. 

De son côté, Paul Simondou, adjoint à la Maire de Paris chargé de la Propreté, juge que «cette sanction est très lourde».

«Par notre décision, nous souhaitons ainsi protéger l'ensemble de nos collaborateurs impliqués au quotidien à rendre une qualité de service irréprochable auprès de nos clients», a réagi Derichebourg ce mardi 14 janvier, déplorant «l'ampleur du traitement de cette situation exceptionnelle, plus d'un an après la survenance de l'événement».

La décision devrait être mise en délibéré à l'issue de l'audience de ce mardi 14 janvier après-midi. 

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