Près d'un enfant sur trois vit avec un seul de ses parents en France

Suivant l'Insee, 14,1 millions d'enfants de moins de 18 ans vivent au total au sein d'une famille (chiffres de 2018). [MARTIN BUREAU / AFP].

A l'occasion du lancement de l'enquête 2020 du recensement de la population, l'Insee a dévoilé, mardi 14 janvier, une vaste étude portant sur les différents types de familles qui composent le pays. On y apprend, entre autres, que la France compte 4 millions d'enfants mineurs vivant à domicile avec un seul de leurs parents (chiffres de 2018, dernières données disponibles).

Près d'un enfant sur trois (28 %) réside avec un seul de ses parents

Suivant les données communiquées par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et portant sur l'année 2018, il y a en France, 14,1 millions d'enfants de moins de 18 ans qui vivent au sein d'une famille.

Dans le détail, 68 % de ces enfants mineurs vivent dans une famille dite «traditionnelle», c'est-à-dire à domicile avec leurs parents et des frères et soeurs le cas échéant, et 11 % évoluent au sein d'une famille recomposée, soit dans laquelle, par définition, au moins un enfant n'est pas issu du couple. 

Sur ces 11 enfants (sur 100) qui vivent dans une famille recomposée, 5 vivent avec leur mère et 2 avec leur père, les 4 enfants restants, vivant, quant à eux, avec leurs deux parents et des demi-frères ou demi-soeurs.

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Alors que la France compte également 21 % d'enfants qui vivent dans une famille monoparentale, ce qui veut dire qu'ils résident donc avec un seul de leurs parents mais que ce dernier ne vit pas en couple, il y a donc, au total 28 % d'enfants qui, dans l'Hexagone, résident avec un seul de leurs parents (21 % d'enfants issus de familles monoparentales et 7 % d'enfants appartenant à des familles recomposées dans lesquelles il y a un seul parent «génétique»).

Cette part de 28 %, en l'espèce, représente quatre millions de mineurs, soit près d'un enfant sur trois.

Familles monoparentales et recomposées sont souvent moins diplômées et plus précarisées

Familles monoparentales et recomposées ont par ailleurs tendance à davantage rimer avec pauvreté, ou, du moins, une certaine forme de précarité.

Dans les familles recomposées, constate ainsi l'Insee, 58 % des enfants vivent avec deux adultes ayant chacun un emploi. C'est dix points de moins, comparé aux familles dites «traditionnelles» (68 %). 

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De même, seules 48 % de ces familles recomposées sont propriétaires de leur logement, contre 66 % des familles «traditionnelles».

Dans les familles monoparentales, cette proportion est encore bien moindre puisque seulement 28 % sont propriétaires de leur logement. Des familles monoparentales qui, de plus, occupent bien plus fréquemment un logement social (37 %), lequel est la plupart du temps situé en centre-ville ou en banlieue.

A l'inverse, les enfants des familles recomposées sont eux moins présents dans les grands centres urbains, ce qui peut s'expliquer par le fait que cela permet d'avoir davantage d'espace et d'éviter le surpeuplement.

Un phénomène que connaîssent quand même bien les familles monoparentales et recomposées, puisque 13 % des enfants issus de ces familles vivent dans un logement surpeuplé : 23 % des enfants des familles monoparentales et 16 % des enfants des familles recomposées (contre 10 % de ceux des familles «traditionnelles»).

les enfants vivant dans des familles «traditionnelles» plus nombreux à l'ouest et à l'est de la france

Autre enseignement intéressant, les enfants des familles «traditionnelles» vivent plus souvent à l’Ouest et à l’Est de la France, alors que ceux des familles monoparentales sont très présents dans le pourtour méditerranéen et les départements d’Outre-mer (25 % au moins). En Guadeloupe et en Martinique, plus de la moitié des enfants vivent dans une famille monoparentale.

A l'origine de cette situation, comme l'explique ici Outre-mer La Première dans un article datant de 2016, ces régions françaises connaissent moins de mariages qu'en métropole et davantage de naissances issues de couples non constitués (un enfant sur deux est né hors mariage en métropole, plus des trois-quarts en outre-mer).

Elles se caractérisent également avec une part extrêmement importante d'enfants non reconnus par le père (10 % en métropole, 84 % en Guadeloupe, 80 % en Martinique, 40 % à la Réunion et 65 % en Guyane) et de maternités précoces avant 20 ans (4 % en métropole, 10 % en Guadeloupe, 11 % en Martinique, 27 % en Guyane et 23 % à la Réunion).

À l’inverse, explique l'étude de l'Insee, les départements où les familles «traditionnelles» sont les plus fréquentes (71 % des enfants ou plus) sont ceux des régions Pays de la Loire et Bretagne, la plupart des départements de la région Auvergne-Rhône-Alpes, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Doubs, le Haut-Rhin et le Bas-Rhin.

Comme évoqué plus haut, en général, la proportion de parents ayant au moins le baccalauréat y est supérieure à la moyenne.

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