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Suppression d’un jour férié, moins de RTT dans la fonction publique… Les propositions chocs de l’Institut Montaigne pour relancer l‘économie

Le rapport de l'Institut Montaigne recommande notamment des mécanismes de rémunération différée des heures supplémentaires. Le rapport de l'Institut Montaigne recommande notamment des mécanismes de rémunération différée des heures supplémentaires.[PHILIPPE DESMAZES / AFP]

Dans une note publiée ce mercredi 6 mai, l'Institut Montaigne, un influent think tank libéral, propose neuf pistes pour relancer l'économie après la crise du coronavirus. Des mesures qui visent à relancer le débat hautement inflammable du temps de travail, entre suppression d'un jour férié ou diminution provisoire du nombre de RTT dans la fonction publique.

Rédigé par l'économiste Bertrand Martinot, ancien conseiller social de Nicolas Sarkozy et ex-délégué général à l'emploi et à la formation professionnelle, ce rapport ne préconise pas un retour généralisé aux 39 heures hebdomadaires. Il suggère plutôt d'augmenter le temps de travail par différents aménagements. Dont celui qui risque de faire le plus parler est sans aucun doute la suppression du jeudi de l'Ascension comme jour férié. 

La note propose également de faire sauter certains verrous juridiques, par exemple en permettant de déroger au temps de repos minimum de 11 heures par jour ou en donnant la possibilité à l'employeur d'imposer aux salariés le rachat de jours de RTT. Une autre idée mise sur la table «consiste à inciter à l’accroissement du temps de travail sans pour autant que la rémunération supplémentaire correspondante ne soit versée immédiatement par les entreprises». Ces heures supplémentaires seraient payées via la participation, l'intéressement ou un dispositif d'épargne salariale collective. 

Dans un souci d'«équité», l'Institut Montaigne veut aussi mettre à contribution la fonction publique, en y diminuant par exemple le nombre de RTT, à titre provisoire. Le calcul retenu par le centre de réflexion reviendrait à supprimer une dizaine de jours de RTT pour les cadres de la fonction publique, sans compensation salariale obligatoire. La note suggère également de proposer aux fonctionnaires travaillant dans des «secteurs d’activités nécessaires à la vie économique ou en tensions» d'accroître temporairement leur durée de travail contre une rémunération supplémentaire. L'extension des horaires des services publics doit par ailleurs être envisagée, selon l'institut.

Le Medef avait déjà relancé le débat

Le think tank libéral s'aventure aussi sur le terrain de l'éducation, en proposant de supprimer la première semaine des vacances scolaires de la Toussaint en 2020, «afin de rattraper les semaines de scolarité en partie perdues durant le printemps et l’été 2020». Il semble ainsi oublier qu'une continuité pédagogique à distance a été mise en place par les enseignants dès que les écoles ont fermé à la mi-mars.

Reste à voir si ces mesures recueilleront le même accueil que les propos du président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait déclaré dans une interview au Figaro le 11 avril «qu'il faudra bien se poser la question tôt ou tard du temps de travail, des jours fériés et des congés payés pour accompagner la reprise économique». Une sortie qui avait fait polémique, chez les syndicats comme dans l'opposition.

«C'est totalement indécent», avait réagi le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger, quand le Premier secrétaire du PS Olivier Faure avait fustigé le «cynisme» du Medef. Un salarié qui n'est «pas responsable de tout ça», on lui «dit qu'à la sortie c'est (lui) qui (va) payer la facture ? Mais qu'est-ce qu'on veut, on veut rendre fous les Français ?» s'était emporté de son côté l’ex-LR Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France. Face à ce torrent de critiques, Geoffroy Roux de Bézieux avait rétropédalé sur Europe 1 trois jours plus tard, estimant que le débat sur l'allongement du temps de travail était «clos», non sans avoir reçu auparavant le soutien de la secrétaire d'Etat à l'Economie Agnès Pannier-Runacher, estimant qu'il faudrait « probablement travailler plus que nous ne l'avons fait avant».

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