Face au handicap ou au grand âge, les aidants jouent un rôle clé et une journée nationale a lieu aujourd'hui pour leur rendre hommage. Mais qui sont ces personnes dévouées, qui s’occupent quotidiennement d’un proche dans le besoin ?
Les millions d'aidants français sont des non-professionnels (donc non-rémunérés), presque exclusivement des proches, qui apportent leur soutien à une personne dépendante, en raison de son âge, son handicap ou sa maladie. Ils interviennent, dans leur grande majorité, directement au domicile de la personne, et le terme est presque entré dans le langage courant, comme l'indique une récente étude BVA pour la fondation April.

Dans cette étude, on apprend par exemple qu'un Français sur deux connaît le terme d'aidant, mais que 6 aidants sur dix ne se considèrent pas comme tels. 58% sont des femmes et 62% sont encore en activité, ce qui pose parfois de gros problèmes d'organisation.
Une autre étude, de la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), publiée il y a un an, après avoir questionné plus de 6.000 séniors aidés de 60 ans et plus, indique que 3,9 millions de proches jouent régulièrement ce rôle d’aidant. Parmi eux, 720.000 vont même jusqu’à remplir ce rôle en établissement pour personnes âgées.
De nombreuses tâches réalisées
La grande majorité des aidants réalisent des actes de la vie quotidienne pour la personne dont ils s’occupent, comme aider à se lever, s’habiller, à manger, faire les courses, du bricolage, des démarches administratives, prendre des rendez-vous médicaux ou aider à la prise de médicaments.
Ils apportent aussi un soutien moral, en passant du temps et discutant avec leur proche. Certains, nettement moins nombreux (473.000) aident même de façon financière ou matérielle.
Ces aidants sont en très grande majorité des membres de la famille de la personne dans le besoin. Pour un senior, plus de la moitié sont les enfants, dont 8% habitent même avec lui. Un peu plus du quart est le conjoint. Parmi les près de 20% restants, les aidants qui ne font pas partie de la famille ne sont que 7% (amis, bénévoles, voisins).
Conséquences sur la santé et le moral
Chose importante, près de 60% des aidants ont une activité professionnelle. Selon le sondage réalisé par BVA, 26% d’entre eux indiquent avoir déjà dû s’absenter en dehors de leurs congés payés, et 15% estiment être pénalisés dans leur évolution professionnelle. Un aménagement de leur temps de travail est plébiscité par les deux tiers.
L’étude de la Drees indique également que l’aide apportée a un effet sur leur vie, avec 47% déclarant qu’elle a une conséquence négative sur leur santé ou leur moral : fatigue, stress, anxiété, troubles du sommeil surmenage, problème de dos...

Parmi les cohabitants, les conjoints sont plus touchés pour cet aspect que les enfants (64% contre 45%). Dans ce contexte difficile, la nécessité de leur accorder un peu de répit est indéniable.
![Le congé proche aidant permet aux salariés de s'occuper de leurs proches en situation de dépendance tout en étant indemnisés. [FRANCOIS LO PRESTI / AFP] Le congé proche aidant permet aux salariés de s'occuper de leurs proches en situation de dépendance tout en étant indemnisés.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_par6779440-2_5f75ed4e489ac.jpg?itok=7O60bEeE)