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Violences policières, discriminations, Islam... : Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Emmanuel Macron sur Brut

Violences policières, discriminations, écologie, Islam... Emmanuel Macron n’a éludé aucun sujet lors de son interview fleuve de plus de deux heures, accordée vendredi au média en ligne Brut.

«Le but, c'est d'avoir un échange direct avec la jeunesse, de répondre à des questions qui sont posées, à des inquiétudes, à des doutes qui sont formulés», avait résumé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal sur franceinfo, qui diffusait également l'interview dans le cadre d'un partenariat avec Brut.

En l'espace de quatre ans, le site d'information français en ligne est passé d'ovni de l'information à marque médiatique reconnue en France et à l'international chez les jeunes, sa cible première.

Affaire Michel Zecler

«J'ai été très choqué par ces images, parce que c'est inacceptable», a martelé le président français qui a également évoqué le cas d’une commissaire agressée samedi à Paris. «On n'est pas juste, sinon on ne regarde pas la société dans son ensemble».

«Ce qui m'a fait honte ce sont les faits, au-delà des images», a poursuivi Emmanuel Macron.

Violences policières : «Des violences par des policiers»

Le pensionnaire de l’Élysée a concédé qu'il existait «des violences par des policiers», expression qu'il a dit préférer à celle de «violences policières», qui est selon lui devenue «un slogan pour des gens qui ont un projet politique».

«Il y a des policiers qui sont violents» et «qu'il faut sanctionner», a précisé Emmanuel Macron qui a appeler à ne pas généraliser cette violence à l'ensemble de la police française : «Je fais le distinguo entre des individus et une institution».

«La société est devenue plus violente, la police est embarquée dans ce cycle de violences», «il faut plus de formation et de la transparence», a défendu le chef de l'État qui est favorable à la généralisation de la caméra embarquée.

Article 24 : «On n'est pas la Hongrie ou la Turquie»

Emmanuel Macron est revenu sur un sujet qui a provoqué des manifestations dans toute la France lors des deux derniers week-end : la loi sur la sécurité globale et plus particulièrement l’article 24. «Les journalistes et les citoyens pourront continuer à filmer et diffuser» les policiers, a assuré le chef de l’Etat qui a évoqué une incompréhension à plusieurs reprises.

Il souhaite que l'article 24 puisse permettre de «mieux protéger les policiers» tout en préservant les libertés d’informer des journalistes mais aussi des citoyens. 

«Je ne peux pas laisser dire qu'on réduit les libertés en France», a plaidé Emmanuel Macron, estimant que la France «a été caricaturée» dans le débat sur l'article 24.

«C'est un grand mensonge. On n'est pas la Hongrie ou la Turquie», s'est-il écrié, en estimant que le débat «a été contaminé par un discours militant, hostile au gouvernement et à votre serviteur». «Ne laissons pas la France être caricaturée», a-t-il insisté.

Mise en ligne d’une plate-forme contre les discriminations

Une plate-forme nationale de signalement des discriminations, gérée par l'État, le défenseur des droits et des associations, sera lancée en janvier. «Aujourd'hui quand on a une couleur de peau qui n'est pas blanche, on est beaucoup plus contrôlé (..) On est identifié comme un facteur de problème et c'est insoutenable», a regretté le chef de l'État.

«La République, d'abord, vous reconnaît» et «vous êtes une chance pour elle», a déclaré le président français en s'adressant aux jeunes Français issus de l'immigration. «Et donc votre histoire individuelle est une partie de notre histoire», et de «l'identité française», a affirmé le chef de l'Etat.

Une nouvelle aide en janvier pour les étudiants

Emmanuel Macron a annoncé la mise en place d'une nouvelle aide pour soutenir financièrement les étudiants, particulièrement touchés par la précarité en raison de la pandémie.

«Il y a aura sans doute encore une aide exceptionnelle en janvier», a indiqué le président en ajoutant qu’il y aurait aussi une «amélioration du système de bourses».

Il s'agirait de nouveau d'une aide de 150 euros comme celles qui ont déjà été versées, a-t-il dit, faisant référence aux coups de pouce à destination des jeunes bénéficiant des aides au logement, ainsi qu'aux étudiants boursiers.

Vers une ouverture en janvier des universités

«On va essayer, je touche du bois, si nos résultats sont là (ndlr : en matière de contamination au Covid), de commencer plus tôt et sans doute qu'on va essayer de reprendre davantage de TD (travaux dirigés) en présentiel, reprendre peut-être, si les chiffres sont bons, début janvier, des cours mais en demi-amphi», a précisé le chef de l’État.

«La France n'a pas de problème avec l'islam»

Emmanuel Macron est revenu sur l'affaire Mila, une jeune femme menacée de mort à plusieurs reprises pour avoir violemment critiqué l'islam : «La France n'a pas de problème avec l'islam. Nous sommes l'un des premiers pays à avoir traduit le Coran. Simplement, nous avons construit notre projet dans la séparation du religieux et du politique».

Le président de la République a également défendu «le droit de critiquer une religion».

Sortie du glyphosate, un échec «collectif»

«Je n'ai pas changé d'avis» sur cet objectif, mais «je n'ai pas réussi» à l'accomplir, c'est un échec «collectif», a déclaré le chef d'État qui, en novembre 2017, s'était engagé dans un tweet pour une interdiction «au plus tard dans trois ans».

Depuis, la France s'est fixé pour objectif de sortir de l'essentiel des usages de ce désherbant classé comme «cancérogène probable» en 2021, avant une interdiction totale en 2023.

Précarité menstruelle : une réponse pour 2021

Emmanuel Macron a promis pour 2021 «une réponse très concrète» au problème de la précarité menstruelle.

Interrogé sur la «gratuité des protections hygiéniques comme voté en Écosse», le président a répondu : «J'ai demandé qu'on avance, je veux qu'avec les associations compétentes et pour toutes les femmes qui sont dans cette situation on puisse avoir une réponse».

«Parce que, quand on voit des femmes qui sont dans la très grande précarité, qui sont à la rue, elles vivent tout ce que vit un homme, d'épuisement physique, de réduction de votre durée de vie, de maladies qu'on contracte, d'humiliation, et elles vivent en plus deux choses (...): en effet la précarité menstruelle, le fait d'avoir des règles dans la rue et de ne pas pouvoir acheter de quoi se protéger et de quoi être digne dans la journée, et puis le viol», a détaillé le pensionnaire de l’Elysée.

«Et donc ça, c'est une action sur laquelle je veux qu'on renforce le travail avec les associations, les services sociaux, les communes», a le chef d’Etat.

Il n'est pas encore Candidat pour 2022

S’il n’a éludé aucun sujet, Emmanuel Macron a cependant refusé de dire s'il serait candidat à l'élection présidentielle de 2022, affirmant qu'il «n'excluait rien», y compris d'être en situation de ne pas se présenter.

«Si je me mets dans la situation d'être un candidat, je ne prendrai plus les bonnes décisions», a déclaré le président français. «Ca viendra, si ça doit venir, au moment voulu», a-t-il ajouté.

«Et peut-être que je ne pourrai pas être candidat. Peut-être que je devrai faire des choses dans la dernière année, dans les derniers mois, dures, parce que les circonstances l'exigeront, et qui rendront impossible le fait que je sois candidat», a-t-il ajouté.

«Je n'exclus rien», a ajouté Emmanuel Macron. «Certains commencent leur campagne un an et demi avant, moi je suis dans l'action et la conviction». Les principaux candidats à l'Elysée officiellement déclarés sont le chef de file de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon et la présidente du Rassemblement national Marine Le Pen.

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