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Notre-Dame de Paris : les faucons de retour sur la cathédrale, la LPO se bat pour les protéger

Le faucon crécerelle est l'une des espèces d'oiseaux qui nichent dans les trous de boulin de la cathédrale. Le faucon crécerelle est l'une des espèces d'oiseaux qui nichent dans les trous de boulin de la cathédrale.[© Yves Gestraud / LPO]

Le 15 avril 2019, jour de l'incendie qui a partiellement détruit la cathédrale Notre-Dame de Paris, les oiseaux ont perdu leur refuge. Peu le savent mais plusieurs espèces, dont les faucons crécerelles, avaient en effet pris l'habitude de nicher dans les cavités de ce monument érigé entre le XIIe et le XIVe siècle. La ligue de protection des oiseaux (LPO) se bat pour qu'on ne les oublie pas.

C'est le combat que mène Emmanuel du Chérimont, le coordinateur du groupe faucon à la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) Île-de-France, qui milite pour que les oiseaux soient pris en compte dans la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Pour expliquer l'importance de son travail, il cite Allain Bougrain-Dubourg, le président de la LPO France, qui avait pris l'habitude de dire que la cathédrale était «une pyramide écologique», où chaque strate accueillait une nouvelle espèce d'oiseaux.

Faucons crécerelles, choucas des tours, pigeons colombins ou encore mésanges et rouges-gorges... Au total, la LPO recense une bonne dizaine d'espèces différentes qui évoluent tout autour du monument parisien. «Des espèces dont on n'a plus aucune nouvelle aujourd'hui», déplore Emmanuel du Chérimont, qui compte bien se faire entendre pour protéger ces oiseaux, dont certains sont protégés. «On a décidé de ne pas lâcher le morceau», prévient-il.

les trous de boulin à protéger

Son cheval de bataille ? Que les trous de boulin – trous carrés présents depuis le Moyen Âge sur toute la hauteur de l'architecture de la cathédrale et dans lesquels les oiseaux nichent – ne soient pas rebouchés par les architectes des bâtiments de France lors de la reconstruction de Notre-Dame de Paris. Si pour l'instant, rien de tel n'est prévu au programme, Emmanuel du Chérimont assure que le risque est réel, puisque les trous de boulin du beffroi de la tour nord avaient déjà été rebouchés lors de la rénovation de celle-ci.

«On n'est pas parano, mais on sait à qui on a affaire. Eglise Saint-Paul Saint-Louis, le donjon du chateau de Vincennes... Je peux citer toutes les églises où il y avait des faucons crécerelles qui nichaient de façon pérenne et qui ont disparu du jour au lendemain lorsque ces cavités ont été rebouchées», témoigne-t-il.

«Le prétexte invoqué est la lutte contre les pigeons», poursuit le coordinateur de la LPO, qui parle d'«un faux prétexte qui n'a pas de sens», d'un détail «pour résoudre un problème global». Et d'ajouter : «il existe d'autres solutions qui ont fait leurs preuves. Si les Parisiens estiment qu'il y a trop de pigeons à Paris, il faut arrêter de les nourrir et verbaliser ceux qui le font».

Une première victoire

Et dans sa quête, la LPO a déjà remporté une première victoire, puisqu'un voeu en faveur de la protection des oiseaux de Notre-Dame de Paris a été adopté à l'unanimité par les élus parisiens réunis au Conseil de Paris au début du mois de juillet, comprenant 3 volets. «D'une part, la Ligue de protection des oiseaux sera auditionnée à la rentrée par les élus parisiens de la 8e commission [Environnement - Climat et Biodiversité, ndlr], d'autre part, le voeu exprime la volonté que les responsables de la reconstruction de Notre-Dame de Paris prennent contact avec nous et enfin et surtout, que les trous de boulin ne soient pas bouchés», énumère Emmanuel du Chérimont.

Pour la LPO, c'est surtout l'espoir de se faire entendre par les responsables de la reconstruction de Notre-Dame de Paris, et plus particulièrement du Général Jean-Louis Georgelin, qui – à la tête de l'Etablissement public chargé de restaurer la cathédrale – n'a pas répondu aux sollicitations de l'association. La demande d'Emmnuel du Chérimont ? «Une rencontre, même en off» pour se «mettre d'accord» et trouver «un terrain d'entente». «Sa parole me suffit», explique celui qui se contenterait d'une promesse orale.

Le retour des faucons à Notre-Dame

En attendant, ce passionné médiatise son combat et se réjouit des bonnes nouvelles, comme celle, très récente, du retour des faucons crécerelles sur Notre-Dame de Paris. «Aujourd'hui, au moins 3 faucons – dont au moins un jeune – ont été aperçus sur la cathédrale», se félicite-t-il, convaincu que ce sont «des faucons qui ont niché sur la Sainte-Chapelle [également située sur l'Île de la Cité, ndlr] et qui sont revenus sur Notre-Dame». Un «espace beaucoup plus ouvert et plus haut» selon lui «pour apprendre aux jeunes faucons à voler».

Un signe de bon augure donc pour celui qui rêve que les oiseaux reviennent un jour nicher sur le monument parisien meurtri par l'incendie, mais «pas aujourd'hui, ce n'est pas possible» à cause du dérangement causé par le chantier. «Il y avait une cinquantaine de couples de faucons vers l'an 2000 à Paris, ils sont moins de 30 aujourd'hui. C'est pour cela qu'on se bat, pas question de laisser faire ce processus qu'on a trop bien documenté», ajoute Emmanuel du Chérimont.

«On ne demande pas la lune, pas de salamalecs, ni de communiqués de presse. Juste un accord verbal», demande-t-il. Et de conclure : «en 1840, le naturaliste Jean-Joseph Zéphirin Gerbe avait déjà documenté la présence de faucons à Notre-Dame de Paris. Ils font partie des lieux».

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