Trois ans après l'incendie de la rue Erlanger, située dans le 16e arrondissement de Paris, et alors que la principale suspecte dans ce dossier vient d'être renvoyée devant les assises, les regards se posent à nouveau sur cette petite rue «tranquille» de l'ouest parisien, paradoxalement considérée comme étant la plus maudite de la capitale.
Située entre le boulevard Exelmans et la place Jean Lorrain, dans le quartier Michel-Ange Auteuil, la rue Erlanger fait en effet régulièrement parler d'elle depuis quarante ans, car elle se trouve en effet être le lieu de plusieurs faits divers particulièrement dramatiques.
Le premier d'entre eux remonte au 25 avril 1975. A l'époque, le chanteur et compositeur israélien Mike Brant, connu pour avoir interprété Rien qu'une larme, Laisse-moi t'aimer ou encore Dis lui..., succombe à ses blessures après être tombé du 6e étage depuis l'appartement de son amie Jeanne Cacchi, située au 6 rue Erlanger. Si ses proches ont toujours pensé à un suicide, l'accident reste à ce jour inexpliqué.
L'affaire du «Japonais cannibale»
En 1981, c'est une autre histoire qui fait la une des journaux, alors que le 11 juin, Issei Sagawa, un étudiant japonais de 32 ans, installé au 10 rue Erlanger, tue Renée Hartevelt, une jeune néerlandaise de 24 ans, qu'il avait invité chez lui. S'il a usé d'une arme à feu pour la tuer, il a ensuite passer trois jours à dépecer la jeune femme, avant de manger sa chair.
Connu depuis sous le nom du «Japonais cannibale», le trentenaire avait finalement été déclaré irresponsable et avait été libéré après un non-lieu. Extradé au Japon, il avait ensuite bénéficié d'une certaine notoriété lié à son meurtre en France, en faisant même le récit dans plusieurs livres intitulés J'aimerais être mangé, sorti en août 1993, Cannibale, paru en février 1996 ou encore Ceux que j'ai envie de tuer, paru en 1997.
Plus discret aujourd'hui, celui qui a désormais 72 ans a tout de même été le sujet d'un documentaire sorti en 2018, appelé Caniba, dans lequel il apparaît souffrant et fatigué mais pleinement conscient. Dans ce film, il ne peut expliquer son geste, mais assure qu'il s'agit «d'un fantasme» et parle de «pulsions».
Plus récemment, en 2019, c'est une autre personne déséquilibrée qui a donc remis un coup de projecteur sur la rue Erlanger. Dans la nuit du 4 au 5 février, alors qu'elle est ivre et en pleine crise psychotique, une femme de 40 ans, est alpaguée par son voisin qui la trouve trop bruyante.
Elle lui avait alors lancé: «Regarde-moi droit dans les yeux. Toi qui aimes les flammes, ça va te faire tout drôle quand ça va exploser», selon les dires de ce dernier. Une demi-heure plus tard, les pompiers sont appelés pour intervenir sur un départ de feu dans l'immeuble. L'incendie, dont elle est désormais la principale suspecte, fera dix morts.
Qualifiée de «folle» à la personnalité «borderline» à l'époque, cette dernière a dû subir plusieurs expertises, dans le cadre de l'enquête, pour déterminer si elle pouvait être considérée comme responsable de cet acte au sens pénal. Plusieurs juges viennent de trancher : selon eux, les troubles de la quadragénaire ont altéré, et non aboli, son discernement. Sauf s'il y a appel de cette décision, elle devrait donc bientôt être jugée.
![L'incendie, survenu en février 2019, avait fait 10 morts et 96 blessés.[© Benoît Moser / BSPP - Brigade de sapeurs-pompiers de Paris / AFP] L'incendie, survenu en février 2019, avait fait 10 morts et 96 blessés.](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/000_1d19ys_5e39904a058a7.jpg?itok=C7qkhj5n)