«Il y a une incapacité collective au gouvernement», a fustigé ce mardi dans la Matinale de CNEWS, Michel-Edouard Leclerc, président des Centres E.Leclerc, au lendemain de l'allocution d'Emmanuel Macron qui s'est donné «cent jours» pour agir «au service de la France», et relancer ainsi son second quinquennat.
Lors de son allocution lundi soir, Emmanuel Macron n’a fait aucune annonce ni proposé aucune mesure pour soutenir le pouvoir d’achat des Français. Un véritable manque qu’a déploré Michel-Edouard Leclerc, président des Centres E.Leclerc, ce mardi dans la matinale de CNEWS.
Ce dernier a même pointé des décisions politiques qui vont parfois à l’encontre du porte-monnaie des citoyens. «On n’a plus d’argent dans les caisses de l’État, donc il faudrait revenir à des politiques de concurrence, à des politiques concrètes de formation des prix. Sa majorité parlementaire vient de voter une loi encore pour limiter les promotions sur les produits alimentaires, limiter les promotions en 2024 sur les produits non-alimentaires et d’entretien», a-t-il regretté.
Il y a un mois, le Parlement a effectivement adopté une proposition de loi portée par Renaissance, qui a prolongé jusqu’en 2025 l’obligation pour les supermarchés de réaliser une marge d'au moins 10% sur les produits alimentaires. Une manière, selon les députés, d’éviter que les grandes surfaces exercent une pression sur les producteurs en resserrant leur marge pour faire baisser les prix. Cette loi prévoit également que dès 2024, les promotions sur les produits non-alimentaires (hygiène, droguerie, parfumerie, entretien) ne pourront plus excéder 34%. Des mesures qui pénaliseraient les portefeuilles des Français selon les associations de consommateurs.
Le président de l’enseigne de grande distribution E.Leclerc a estimé, lors de son interview, qu’il y avait un «décalage» entre les équipes du ministère de l’Économie, qu’il estime plus proche de la réalité, et l’exécutif. «J’invite le président à se rapprocher de l’équipe de Bruno Le Maire, d’Olivia Grégoire et d’Olivier Klein», a-t-il déclaré.
«Il y avait une incapacité collective, pas que du gouvernement, mais aussi du Parlement», à résoudre les problèmes de pouvoir d’achat, selon Michel-Édouard Leclerc. Ce dernier a estimé qu’il y avait «une crise du politique», et que les représentants politiques devaient revenir «auprès des Français», pour traiter le sujet de l’inflation. Il a par ailleurs confirmé que la hausse des prix allait continuer au moins jusqu’à l’été, car certaines augmentations n’ont pas encore été répercutées sur les prix en magasin.
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