Privé de majorité absolue, Gabriel Attal a commencé une série d'entretiens avec les «forces vives» du pays, afin de préparer sa déclaration de politique générale. Il a rencontré Jordan Bardella (RN) ce vendredi. «Nous sommes venus représenter cette France qui ne souhaite plus prendre sa part en matière d’immigration», a notamment dit ce dernier à l'issue de leur rencontre.
«Une rencontre courtoise et républicaine» mais aussi l'occasion de rappeler quelques fondamentaux. Après avoir déjà reçu le président du Medef Patrick Martin ou encore le président des Républicains Éric Ciotti, Gabriel Attal a poursuivi ses consultations à l’hôtel de Matignon auprès des «forces vives» de la France. Ce vendredi, le chef du gouvernement a ainsi rencontré le président du Rassemblement national Jordan Bardella.
«Porte-parole de ceux qui ont voté pour Marine Le Pen», le président du RN s’est entretenu avec le locataire de Matignon autour de plusieurs sujets tels que l’inflation, l’agriculture française ou encore le coût de l’électricité. «Je souhaite que le gouvernement renonce à augmenter de 10% au 1er février le prix de l’électricité, car cette hausse constituerait la goutte de trop pour les familles françaises et pour les entreprises», a déclaré Jordan Bardella à l’issue de la réunion.
L’eurodéputé a également «alerté» le chef du gouvernement sur «le mouvement de colère» des agriculteurs. Ces derniers ont multiplié cette semaine les manifestations en Europe pour réclamer notamment une clause «miroir», afin d’imposer aux produits agricoles importés à bas prix les mêmes exigences qu'à ceux fabriqués ou cultivés en Europe. «Il faut décréter l'état d'urgence agricole et instaurer le patriotisme économique pour protéger nos agriculteurs», a réclamé Jordan Bardella.
S’il a reconnu avoir été face à un Premier ministre à l’écoute, d’après lui «rien ne changera car l’équipe ministérielle reste la même autour de Gabriel Attal».
Une rencontre dans l’ombre d’une polémique
A l’issue de la réunion, le chef de file du RN s’est également exprimé autour d’une controverse tenace. «Je suis sur un escalier et je sais que l’on va tenter de me faire chuter», a-t-il affirmé.
En cause, les accusations de l’émission Complément d’Enquête diffusée sur France 2 dans la soirée de jeudi à quelques heures de la rencontre. Se basant sur plusieurs sources dont trois anonymes, le reportage a évoqué un compte Twitter que Jordan Bardella aurait utilisé de 2015 à 2017 sous un pseudonyme, afin d’encenser la personnalité de Jean-Marie Le Pen et de diffuser des messages racistes et homophobes.
Voici, selon d’anciens proches de Jordan Bardella, son compte Twitter caché…
— Complément d'enquête (@Cdenquete) January 18, 2024
Jordan Bardella nie être derrière ce compte mais 3 témoins et des éléments matériels confirment qu’il serait bien l’auteur des tweets.#ComplementDenquetepic.twitter.com/W0KCFQ6p1u
«La personne qui m'accuse d'avoir tenu ce compte s'est rétractée, estimant avoir été manipulée par France Télévisions. Il n'y a absolument rien dans ce Complément d'Enquête. Je n'ai pas tenu et je ne tiens pas de compte Twitter anonyme. Je n'ai qu'un seul compte Twitter, j'assume l'ensemble de mes propos», a commenté le responsable politique de 28 ans.
Un face-à-face entre deux rivaux
Envoyés en premier ligne l’un comme l’autre, Gabriel Attal et Jordan Bardella ont vocation à s’affronter. Alors que le premier est au sommet du classement des personnalités politiques les plus appréciées des Français, le second fait la course en tête des élections européennes loin devant le camp présidentiel.
La rencontre de ce vendredi entre les deux hommes présentés comme des rivaux du fait de leur jeune âge et du fait de leur ascension politique fulgurante, signe ainsi le premier round d’un combat pour le sommet du pouvoir. L'affrontement pourrait bien se poursuivre lors du scrutin européen du 9 juin prochain.
![Après plusieurs jours d’hésitation, Gabriel Attal a finalement tranché. [Ludovic Marin/ REUTERS]](https://static.cnews.fr/sites/default/files/styles/image_375_210/public/2024-01-09t141030z_294090051_rc2ee5as0nf7_rtrmadp_3_france-politics-reshuffle_65a7b1ac758bf_0.jpg?itok=hWmorwup)